La Knesset devrait adopter cette semaine un projet de loi controversé qui légaliserait certains des 4 000 logements de Cisjordanie construits sur des terrains palestiniens privés.

Le projet de loi dit de régulation avait été gelé en décembre jusqu’à l’investiture du président américain Donald Trump, qui a eu lieu le 20 janvier.

Samedi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a demandé au président de la coalition, le député du Likud David Bitan, de présenter le projet de loi en deuxième et troisième lectures à la plénière de la Knesset cette semaine, selon les médias israéliens.

« Demain [lundi], nous allons présenter à la Knesset cette loi qui va permettre de régulariser une fois pour toute les implantations en Judée Samarie et empêcher les tentatives répétées de porter atteinte aux implantations », a affirmé Netanyahu lors de la réunion hebdodmadaire du cabinet en utilisant le nom biblique de la Cisjordanie, selon un communiqué de son bureau.

Une commission spéciale de la Knesset créée pour conclure la législation devrait se prononcer sur sa formulation finale lundi matin, permettant ainsi au projet de loi de passer les votes finaux en plénière dès lundi après-midi, même si une date finale n’a pas encore été confirmée.

Les Israéliens des implantations juives en Cisjordanie d'Ofra et Amona manifestent pour demander l'approbation d'une loi légalisant les avant-postes en Cisjordanie, aux abords du bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 13 novembre  2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les Israéliens des implantations juives en Cisjordanie d’Ofra et Amona manifestent pour demander l’approbation d’une loi légalisant les avant-postes en Cisjordanie, aux abords du bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 13 novembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Ces votes auront lieu avant le démantèlement ordonné par la cour de l’avant-poste d’Amona et de neuf structures dans l’implantation voisine d’Ofra, en Cisjordanie, qui doit avoir lieu avant le 8 février.

Le projet de loi ne devrait pas contourner la décision finale de la cour sur Amona, mais pourrait empêcher les démolitions d’autres structures qui ne sont pas concernées par un jugement final.

Les habitants d’Ofra, qui ont prévu de lancer une grève de la faim cette semaine, avaient annulé les protestations quand le gouvernement avait annoncé qu’il avancerait la loi, espérant que cela annulerait les ordres de démolition, a annoncé le site d’information Ynet.

Dans le passé, les dirigeants israéliens s’étaient engagés auprès des Etats-Unis à démanteler les avant-postes, mais cette promesse est restée lettre morte.

Selon les médias, le procureur général, Avichai Mandelblit, a mis en garde sur la possibilité que des appels soient présentés auprès de la Cour pénale internationale si ce projet de loi était définitivement adopté.

L’AFP a contribué à cet article.