La commission des Affaires de l’immigration, de l’intégration et de la diaspora de la Knesset a marqué mercredi le deuxième anniversaire de la mort mystérieuse du procureur fédéral argentin Alberto Nisman.

Cette cérémonie est d’autant plus émouvante compte tenu du fait que la cour a récemment décidé de rouvrir l’enquête sur l’enquête de Nisman sur l’attentat de Buenos Aires en 1994 à l’AMIA (Association mutuelle israélite).

Une autre enquête est menée sur les circonstances de sa mort.

Il y a deux ans, Nisman avait accusé l’ancienne présidente argentine Cristina Fernandez Kirchner et l’ex-ministre des Affaires étrangères Hector Timerman d’avoir conclu un accord secret avec le gouvernement iranien pour couvrir le rôle de plusieurs responsables iraniens soupçonnés d’avoir bombardé le centre juif et tué 85 personnes. Le procureur fédéral a été retrouvé mort sur le plancher de sa salle de bains, une balle dans la tête, en janvier 2015. il devait présenter ses arguments au Congrès argentin quelques heures plus tard.

Sa mort a suscité des protestations à travers l’Argentine et plusieurs tribunaux ont rejeté les appels à réouvrir l’enquête de Nisman sur les dirigeants argentins. Mais le 30 décembre, une cour d’appel argentine a ordonné l’ouverture d’une nouvelle enquête sur Kirchner. Les cerveaux du bombardement du centre communautaire juif et les responsables de la mort de Nisman seront peut-être enfin traduits en justice.

Une veillée à Buenos Aires pour le premier anniversaire de la mort du procureur Alberto Nisman, le 18 janvier 2016. (Crédit : Omer Musa Targal / Agence Anadolu / Getty Images)

Une veillée à Buenos Aires pour le premier anniversaire de la mort du procureur Alberto Nisman, le 18 janvier 2016. (Crédit : Omer Musa Targal / Agence Anadolu / Getty Images)

« Je crois que le gouvernement argentin n’a pas assassiné Alberto Nisman, que sa mémoire soit bénie », a déclaré le biographe de Nisman Gustavo Perednik lors de la session de la Knesset. « Il a simplement laissé le meurtre [se produire] en donnant, ce qu’on appelle en argot argentin une « zone libre », c’est-à-dire … libre de police, libre de loi, afin que les Iraniens puissent mener à bien ce meurtre, exactement comme ils ont fini par le faire. »

Les Iraniens ont peut-être travaillé avec des complices, « pas nécessairement directement », a-t-il ajouté. « Le gouvernement argentin a décidé de ne pas le protéger. »

« Le meurtre d’Alberto a été absolument prouvé, mais aucun juge argentin ne le dira ni ne le déclarera ; mais cela arrivera bientôt », a-t-il ajouté.

Perednik a déclaré que la récente décision du tribunal – qui a également récusé le juge et le procureur qui avaient décidé de ne pas réouvrir les dossiers de Nisman – « suscite de grands espoirs ».

« Les enquêtes sont en cours, et nous allons lentement obtenir la vérité, comme Nisman l’espérait », a-t-il dit.

Carlos Faustino Garcia, l’ambassadeur d’Argentine en Israël, a déclaré à la commission de la Knesset que le gouvernement accorde une « importance spéciale » aux enquêtes sur l’attentat de 1994 et sur les circonstances de la mort de Nisman.

Le gouvernement du président Mauricio Macri soutient les enquêtes « afin de déterminer et de clarifier définitivement la cause du décès du procureur », a déclaré Garcia.

Le diplomate israélien Modi Efraim, employé de l’ambassade d’Argentine de 2005 à 2008, a déclaré aux législateurs qu’il considérait comme Nisman un « combattant pour la justice, un homme honnête, juste et professionnel ».

Un homme marche dans les décombres après l'explosion d'une bombe à l'Association mutuelle israélite argentine (AMIA) à Buenos Aires, le 18 Juillet 1994, tuant 85 personnes et en blessant environ 300 autres. (Crédit : Ali Burafi/AFP)

Un homme marche dans les décombres après l’explosion d’une bombe à l’Association mutuelle israélite argentine (AMIA) à Buenos Aires, le 18 Juillet 1994, tuant 85 personnes et en blessant environ 300 autres. (Crédit : Ali Burafi/AFP)

« Au cours de la dernière année, nous avons constaté une évolution dans les enquêtes », a-t-il souligné.

Roxanna Levinson, qui a les deux nationalités israélienne et argentine, dont la tante a été tuée lors de l’attentat terroriste contre l’ambassade d’Israël en 1992 et dont l’oncle a été assassiné deux ans plus tard au centre communautaire de Buenos Aires, a également pris la parole.

« Le jour où j’ai entendu que Nisman avait été assassiné, j’ai pleuré exactement comme j’ai pleuré après les attentats », a-t-elle dit. « Quand mon mari m’a demandée ce qui se passait, j’ai répondu : ‘L’enquête sur les attentats de Buenos Aires de 1994 a été assassinée’ « .

L’AFP a contribué à cet article.