Ce mercredi, la Knesset devrait valider le budget de 906 milliards de shekels (226 milliards d’euros) pour le budget bi-annuel de 2017 et 2018.

Le Parlement devait voter le budget bi-annuel en deuxième et troisième lecture mercredi après-midi, qui devrait être adopté par la coalition, encourageant ainsi la stabilité du gouvernement pour les deux années à venir.

Le budget a été fixé de la façon suivante : 446 milliards de shekels (111 milliards d’euros) de dépenses nettes pour 2017 et 460 milliards de shekels (115 milliards d’euros) pour 2018, avec 87 milliards supplémentaires (21 milliards d’euros) en dépenses tributaires des revenus.

La tension qui règne sur la clause la plus controversée du budget, à savoir l’impôt pour les propriétaires de plus de deux biens immobiliers, a continué mercredi parmi certains membres de la coalition.

La semaine dernière, après une nuit de négociations, la commission des Finances de la Knesset a approuvé une mesure sur le plafonnement de la taxe à partir du troisième appartement à 18 000 shekels (4 500 €). Cette taxe sera déterminée en fonction de la superficie de l’appartement mais n’excédera pas le montant sus-mentionné par an. Dans cette version plus souple, les propriétaires sont dispensés d’une telle taxe si le montant de deux de leurs biens n’excède pas 1,15 million de shekels (280 000€).

Selon le ministère des Finances, plus de 50 000 Israéliens possèdent 2 ou 3 biens, soit un total de 180 000 maisons et appartements à travers le pays. La proposition est censée faire baisser le prix de l’immobilier.

Moshe Gafni, président de la Commission des Finances et la députée Rachel Azaria votent le budget pour 2017-2018 à la Knesset le 19 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Moshe Gafni, président de la Commission des Finances et la députée Rachel Azaria votent le budget pour 2017-2018 à la Knesset le 19 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Après que la commission des Finances a donné son feu vert pour cette clause, le conseiller juridique de la Knesset a adressé un courrier à Moshe Gafni (YaHadout HaTorah), en indiquant ses craintes. Selon la loi, l’approbation par la commission n’était pas conforme à la procédure de la Knesset, et imposait un nouveau vote. Gafni, cependant, n’a pas souhaité soumettre la proposition au vote, et a estimé que l’opposition présentera la question devant la Cour Suprême de Justice.

Mardi, Gafni a indiqué qu’il restait opposé à cet impôt sur le troisième bien, tout en soulignant qu’il était parvenu a éliminer la proposition.

« Je n’ai pas caché [mon opposition]. Je fais partie de la coalition. J’accepte la position du gouvernement. En tant que président de la Commission, je tente de corriger ce qui peut l’être. Durant le débat nocturne, ils ont amendé la loi. Je ne le justifie pas. Je ne donne pas mon avis, je ne suis pas le gouvernement. Je représente simplement la Knesset, la Commission », a-t-il déclaré.

Mais Uri Maklev du même parti, a exhorté le ministre des Finances « à annoncer aujourd’hui même le retrait » de l’impôt sur le troisième bien.

« Ce dont on se souviendra, ce sera de l’impôt sur le troisième bien. C’est une loi discriminatoire, préjudiciable et inégale », a déclaré Maklev mercredi.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu orchestre la réunion hebdomadaire du cabinet au Bureau dub Premier ministre à Jérusalem le 18 décembre 2016. (Crédit: Marc Israel Sellem/POOL)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu orchestre la réunion hebdomadaire du cabinet au Bureau dub Premier ministre à Jérusalem le 18 décembre 2016. (Crédit: Marc Israel Sellem/POOL)

Au début de la semaine, le cabinet du Premier ministre a approuvé dimanche une coupe budgétaire de 1,2 milliard de shekels dans le budget 2017-2018 afin de financer la relocalisation de l’avant-poste d’Amona, d’établir la nouvelle entreprise de radiodiffusion publique et de construire de nouvelles écoles dans les communautés ultra-orthodoxes.

Ces coupes effectuées dans les budgets des ministères de l’Éducation, de la Santé et des Affaires sociales figureraient parmi les mesures d’austérité approuvées par les ministres lors du vote.

Le ministère a indiqué que les fonds épargnés permettraient également de couvrir en partie les coûts des bus publics blindés en Cisjordanie, l’emploi des travailleurs palestiniens en Israël et les différents accords de coalition qui ont été déterminés depuis la première proposition de budget.

Mercredi, un organisme-cadre représentant les municipalités israéliennes a enclenché un mouvement de grève nationale pour protester contre les coupes budgétaires. Ils estiment que ces coupes porteront préjudice aux autorités locales à hauteur de centaines de millions de shekels. Les lycées et les jardins d’enfants, ainsi que certains bureaux de la municipalités sont hors-service dans plusieurs villes du pays, et d’autres services de base des municipalités ont été supprimés mercredi dans le cadre de cette grève illimitée. Des progrès ont été faits dans l’après-midi de mercredi. La grève devrait prendre fin jeudi.

Les critiques de l’opposition sur le budget portent principalement sur les coupes budgétaires de dernière minute approuvées par le cabinet.

« Toutes les choses positives qu’a fait le ministre des Finances a été effacé dès lors qu’il y a eu ces coupes budgétaires », a déclaré la député Shelly Yachimovich (Union sioniste) mardi. Yachimovich a qualifié ces restrictions de « paresseuses », « stupides », « anarchiques », et les décrit comme une « une guillotine qui tombe d’un coup ».

« Les coupes budgétaires générales s’appliquent à tous les ministères d’un coup, plutôt que tergiverser sur la fait de savoir où réduire et où ne pas réduire », a-t-elle analysé.

Le député Manuel Trajtenberg, du même parti, économiste de carrière, a également critiqué cette mesure mercredi.

« Les coupes budgétaires générales font partie de l’arnaque qu’est la taxation cachée du gouvernement Netanyahu. Nous sommes forcés de prendre sur l’éducation, les transports, les infrastuctures, qui, selon Netanyahu, ne doivent pas être à la charge de l’État, et les coûts nous retombent dessus. »

Les derniers chiffres publiés par la Commission des Finances mardi, tels qu’ils ont été approuvés en dernière lecture sont les suivants : le budget du ministère de la Santé était de 33 milliards de shekels (8,25 milliards d’euros) pour 2017 et 35 milliards (8,75 milliards d’euros) pour 2018, avec 10 milliards de shekels supplémentaires par an (2,5 milliards d’euros) pour les hôpitaux ; le budget du ministère de l’Éducation a été établi à 57 milliards de shekels (14,26 milliards d’euros) pour 2017 et 59,4 milliards (14,86 milliards d’euros) pour 2018 ; le budget de la Défense est de 70 milliards de shekels (17,5 milliards d’euros) par an et le montant alloué aux services religieux oscillera entre 640 et 660 millions de shekels par an (160 et 165 millions d’euros).

L’un des ministères qui a vu son budget augmenter est le ministère des Transports, avec un budget annuel de 19 milliards de shekels (4,75 milliards d’euros) pour 2017 et 19,5 milliards de shekels (4,87 milliards d’euros) pour 2018.

Ces subventions étaient censées financer la construction de nouvelles lignes de tramway vers Tel Aviv, ville la plus densément peuplée du pays, et où seulement 20 % des riverains utilisent les transports publics. Le gouvernement a également validé une nouvelle ligne de tramway à Jérusalem, une extension du train de Haïfa, une nouvelle ligne entre les villes septentrionales de Haïfa et de Nazareth, ainsi qu’une ligne entre Hadéra et Lod.