Les députés vont étudier plus en profondeur si le ministère de la Défense a protégé de manière adéquate les intérêts du pays dans le cadre de l’accord pour l’achat de sous-marins et de navires à une compagnie partiellement possédée par une entreprise du gouvernement iranien, alors que le scandale continue sur la relation d’Israël avec le constructeur naval allemand ThyssenKrupp.

Tzipi Livni, députée de l’Union sioniste, a rassemblé ces derniers jours les signatures d’autres députés pour forcer un débat spécial sur le sujet à la commission de la Défense et des Affaires étrangères de la Knesset.

Mardi, le ministère de la Défense a reconnu qu’il savait que l’Iran Foreign Investment Company (IFIC) possédait des parts du constructeur naval allemand ThyssenKrupp.

Le ministère de la Défense avait initialement déclaré au quotidien Yedioth Ahronoth qu’il ne connaissait pas cette information, et une source proche de l’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon avait dit au journal, dans un article publié jeudi, qu’il n’avait appris la connexion iranienne qu’avec son article.

« Après un examen approfondi du ministère de la Défense ces derniers jours […], il apparaît que nous savions depuis 2004 que l’IFIC possédait 4,5 % (à ce moment) de la compagnie allemande ThyssenKrupp, et fourni l’enveloppe de sécurité nécessaire », a déclaré le ministère dans un communiqué publié mardi, en faisant référence à ses propres mesures, qui n’ont pas été précisées, pour garantir qu’aucun renseignement ne pourrait être glané par l’Iran en raison de son implication dans l’entreprise.

La députée de l'Union sioniste Tzipi Livni pose une question au Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant l'heure des questions parlementaires, le 18 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

La députée de l’Union sioniste Tzipi Livni pose une question au Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant l’heure des questions parlementaires, le 18 juillet 2016. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Dans un communiqué de presse publié jeudi, Livni a détaillé certaines des questions auxquelles la commission voudrait des réponses. « La participation iranienne dans ThyssenKrupp a-t-elle été examinée avant que l’accord ne soit passé, et par qui ? Le sujet a-t-il été discuté dans la commission concernée du cabinet, ou par des responsables ? Quelles sont les ramifications en termes militaires du partenariat de l’Iran, un pays ennemi, avec l’entreprise qui construit les sous-marins et les navires de guerre d’Israël, particulièrement en considérant la sensibilité importante et l’objectif des dits sous-marins ? Le gouvernement israélien s’est-il assuré, et si oui, comment, qu’aucune information ne serait divulguée aux actionnaires iraniens ou au gouvernement iranien, ou que le régime iranien ne bénéficierait pas de l’accord ? »

Au moins une partie des accords d’achats israéliens de sous-marins à ThyssenKrupp ont été conclus quand Livni elle-même était ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement d’Ehud Olmert entre 2006 et 2009.

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, a déclaré mardi matin à la Knesset qu’Israël connaissait depuis longtemps les détails de l’investissement iranien.

Dans sa demande de débat, Livni a noté qu’Israël travaille assidûment depuis des années pour empêcher le financement du régime iranien, et que même la petite participation de l’IFIC à l’entreprise allemande aurait entraîné un avantage financier pour Téhéran sur un accord de plusieurs milliards de shekels.

L’IFIC a été placée en 2010 sur la liste des entreprises iraniennes sanctionnées par le gouvernement américain, a écrit Livni aux députés.

David Shimron, l'avocat personnel du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Tel Aviv, le 17 février 2015. (Crédit : Ben Kelmer/Flash90)

David Shimron, l’avocat personnel du Premier ministre Benjamin Netanyahu, à Tel Aviv, le 17 février 2015. (Crédit : Ben Kelmer/Flash90)

Le tollé sur la connexion iranienne avec les sous-marins a été déclenché juste après les révélations le mois dernier sur l’avocat personnel du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui a avancé les intérêts de ThyssenKrupp en Israël, ce qui pourrait constituer un grave conflit d’intérêts.