Même si on sait avec certitude que la Liste (arabe) unie ne participera pas au prochain gouvernement, elle pourrait tout de même décider de former un bloc avec l’Union sioniste pour empêcher le Premier ministre sortant, Benjamin Netanyahu, à former une coalition, indique mardi un législateur du parti.

S’adressant au Times of Israel en marge de la Conférence sur la démocratie d’Israël de Haaretz, Ahmed Tibi, un ancien chef du parti Raam Taal et le numéro quatre sur la liste commune des partis arabes, a déclaré que son parti ne se prononcera sur l’étendue de la coopération avec l’Union sioniste dirigée par Isaac Herzog et Tzipi Livni qu’après les élections.

« Notre but est de renverser la droite, et pourtant nous avons de nombreux problèmes avec l’Union sioniste, donc les choses ne sont pas aussi claires », précise Tibi.

L’Union sioniste a décidé la semaine dernière de soutenir la disqualification de de la députée Hanin Zoabi, numéro sept sur la liste, et le candidat de droite Baruch Marzel, et cela, malgré la position du procureur général Yehuda Weinstein qui a exhorté qu’ils soient autorisés à se présenter.

L’avocat de Zoabi, Hassan Jabareen, a déclaré au Times of Israel plus tôt ce mois-ci qu’en disqualifiant Zoabi, l’Union sioniste se mettrait en position d’échec face à l’opposition.

Isaac Herzog et Tzipi Livni annoncent une alliance électorale - 10 décembre 2014 (Crédit : Flash 90)

Isaac Herzog et Tzipi Livni annoncent une alliance électorale – 10 décembre 2014 (Crédit : Flash 90)

Mais mardi, Tibi semblait moins indigné envers la position de l’Union sioniste, et semblait plus enclin à considérer les perspectives de coopération entre la liste arabe et l’Union sioniste.

« Nous ne pouvons pas faire partie de la coalition, car la situation n’est pas mûre pour cela et la réalité de l’occupation s’impose. Mais il n’existe aucun parti ou un politicien qui ne souhaite pas influencer ; et nous devrons trouver un mécanisme différent pour faire cela dans l’opposition. Nous pouvons créer une obstruction ».

En 1992, les partis arabes avaient soutenu le gouvernement Rabin et Tibi a déclaré qu’un tel scénario pourrait se répéter en mars.

« Nous allons être en contact avec la personne nécessaire et obtenir des droits pour le peuple arabe avec un accord écrit, comme en 1992 », explique-t-il.

Yair Lapid de Yesh Atid le 11 février 2015 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Yair Lapid de Yesh Atid le 11 février 2015 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Avant les dernières élections, en 2013, le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, avait déclaré qu’il ne rejoindrait pas un bloc formé par les partis arabes – qu’il a surnommé avec le terme péjoratif « les Zoabis » – pour s’opposer à Netanyahu.

Citant les nouvelles données des sondages qui donnent à la Liste arabe unie 13 sièges dans la prochaine Knesset, ce qui pourrait peut-être en faire la troisième plus grande faction de la Knesset, Tibi a néanmoins déclaré que la campagne n’a pas encore véritablement commencé.

« Je suppose que si l’on gagne plus de 13 sièges, notre capacité à prendre le pas sur les listes fascistes augmentera, et cela sera important au lendemain des élections », a-t-il déclaré.