La Lituanie a autorisé mardi l’abattage rituel juif et musulman pour promouvoir ses exportations de viande vers les pays arabes et Israël et réduire ainsi l’impact de l’embargo imposé par Moscou en réponse aux sanctions occidentales dues à son rôle en Ukraine.

Une nouvelle loi, approuvée par 57 députés contre quatre et 11 abstentions, entrera en vigueur en 2015.

Elle permet à Vilnius « d’ouvrir des négociations avec les pays arabes sur les exportations de viande. Nous sommes aussi en pourparlers avec Israël », a déclaré à l’AFP après le vote la ministre lituanienne de l’Agriculture, Virginija Baltraitiene.

Dès l’an prochain, des animaux pourront être tués en Lituanie selon les règles de l’abattage casher et halal, sans être assommés au préalable, ce qui a été interdit jusqu’à présent.

Les communautés juive et musulmane comptent chacune environ 3 000 personnes en Lituanie, pays balte catholique de 3 millions d’habitants et membre de l’Union européenne depuis 2004.

La présidente de la communauté juive Faina Kukliansky s’est félicitée des nouvelles dispositions, « très importantes pour les Juifs lituaniens », a-t-elle déclaré à l’AFP.

En revanche, le député des Verts Linas Balsys, qui a voté contre la nouvelle loi, a estimé que l’abattage rituel était immoral et susceptible de violer des dispositions de l’Union européenne.

Il a été interdit notamment en Pologne voisine, après une décision de la Cour constitutionnelle polonaise le trouvant incompatible avec une loi sur la protection des animaux.

L’embargo russe a frappé en août les fruits et légumes, viande et produits laitiers en provenance d’Union européenne, de Norvège, d’Australie, des Etats-Unis et du Canada. Il répond aux sanctions occidentales contre Moscou pour son annexion de la Crimée et son soutien aux rebelles dans l’est de l’Ukraine.

L’embargo a touché un cinquième des exportations de la Lituanie vers la Russie et environ 4 % de la totalité de ses exportations. En évaluant son impact, la banque centrale de Lituanie a réduit de 3,3 % à 2,9 % sa prévision de croissance en 2014.