Israël a perdu deux places au classement « Doing Business » 2018 réalisé par la Banque mondiale, passant de la 52e à la 54e position, ce qui souligne un « environnement d’affaires lourd et onéreux en Israël qui a un impact négatif sur la compétitivité du pays », a estimé mercredi l’Institut israélien de la démocratie.

Il y a tout juste 11 ans, la « nation start-up » figurait à la 26e place dans la même catégorie. Ce moins bon classement a également un impact sur la volonté des investisseurs étrangers et locaux de se tourner vers l’Etat juif, a indiqué dans un communiqué ce think-tank à but non-lucratif.

Une analyse initiale du rapport établi par la Banque mondiale montre que « si Israël est à l’arrêt, d’autres pays ont fait des avancées significatives pour réduire les fardeaux régulatoires et bureaucratiques », a dit l’Institut.

L’incapacité à venir à bout de régulations lourdes crée des incitations négatives poussant à une corruption des comportements parce que les entreprises ont le sentiment qu’elles doivent s’appuyer de plus en plus sur des intermédiaires pour éviter les processus bureaucratiques, ajoute le think-tank.

Une bureaucratie plus lourde affecte également de manière négative l’égalité des chances dans la mesure où des entreprises importantes et puissantes peuvent engager les services de comptables, de juristes et d’intermédiaires pour aider à accélérer les processus de régulation tandis que les petites et moyennes entreprises n’ont pas les moyens de le faire, poursuit le communiqué.

« Finalement, ce sont les consommateurs israéliens qui souffrent du lourd fardeau des régulations qui caractérisent l’environnement des affaires dans le pays », dit l’institut. « Les entrepreneurs doivent gérer des coûts excessifs en termes d’argent et de temps, ce qui s’apparente à une hausse du coût de la vie pour les consommateurs qui doivent effectivement subventionner ces dépenses ».

Le gouvernement israélien doit utiliser la technologie pour améliorer l’interface entre les citoyens et le gouvernement et pour augmenter la transparence des processus entrepreneuriaux, a estimé Dafna Aviram-Nitzan, qui est à la tête de la division pour la gouvernance et l’économie de l’Institut. Parfois, il suffit de remplacer un imprimé par un document électronique et les mesures de régulation traditionnelles à d’autres adaptées aux segments variés de la population.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, troisième à droite, préside la réunion hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 15 octobre 2017 (Crédit : Alex Kolomoisky/POOL)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, troisième à droite, préside la réunion hebdomadaire de cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 15 octobre 2017 (Crédit : Alex Kolomoisky/POOL)

Le classement de la Banque mondiale place la Nouvelle-Zélande au sommet de la liste – suivie par Singapour, le Danemark, la république de Corée, Hong Kong, et les Etats-Unis dans le top 6. L’Italie se place à la 46e position, avec la Croatie, la Belgique et Chypre à la 51e, 52e et 53e positions, juste devant Israël. La Somalie est dernière des 190 nations listées, avec l’Erythrée et le Venezuela qui se trouvent respectivement à la 189e et 190e place.

Il faut quatre procédures et 12 jours pour lancer une entreprise en Israël tandis que la gestion des permis de construire exige 15 procédures et 209 jours, montre le rapport, avec 81 jours pour enregistrer une propriété. En comparaison, créer une entreprise en Nouvelle-Zélande prend une journée et demi et ne nécessite qu’une seule procédure, et il faut 93 jours pour prendre en charge des permis de construire, au cours de 11 procédures différentes.

Le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait de la réduction des régulations et de la bureaucratie une mission essentielle de son programme pour faciliter la croissance des entreprises et attirer les investissements étrangers.

Au mois de septembre, les ministères de l’Economie et de l’Industrie ont fait savoir qu’ils allaient créer un guichet unique à destination des entreprises étrangères pour que ces dernières soient en mesure de régler rapidement les procédures bureaucratiques.

Le ministère des Finances n’a pas répondu dans l’immédiat à nos demandes de commentaires.