Des bennes à ordures ménagères continuaient lundi sur ordre du maire de Haïfa, nord d’Israël, de bloquer l’accès de cinq usines pétrochimiques responsables selon un rapport d’une pollution cancérigène, a indiqué un porte-parole de la mairie.

« Ces bennes ont été de nouveau placées lundi matin pour empêcher jusqu’à nouvel ordre l’accès à quatre usines pétrochimiques et une raffinerie. Les propriétaires de ces entreprises ont tenté de les déplacer, mais sans succès », a affirmé à l’AFP le porte-parole Tzahi Terrano.

Pour lever ce siège, le maire Yona Yahav exige que le « gouvernement se réveille enfin et nous dise clairement si la situation est réellement catastrophique pour la santé publique », a ajouté le porte-parole. Selon lui, seule une décision d’un tribunal pourrait entraîner la réouverture des usines incriminées.

Cette épreuve de force fait suite à la publication dans les médias israéliens d’un document du ministère de la Santé accusant, entre autres, les émanations industrielles d’être responsables de près de la moitié des cancers développés par les enfants de Haïfa.

« Comparé à la moyenne nationale, la population de la région de Haïfa a un risque plus élevé de développer des cancers du poumon, de l’œsophage, de la vessie, du col de l’utérus et des cancers gastriques, colorectaux et cérébraux », précise ce rapport rédigé par le directeur du ministère en charge de la Santé publique et qui cite une étude de l’Université hébraïque de Haïfa.

La société « Israel Oil Refineries », l’un des plus gros conglomérats pétrochimiques du pays, dont l’une des usines est bloquée depuis dimanche matin, avait expliqué dimanche dans un communiqué avoir investi un milliard de shekels (236 millions d’euros) pour la protection de l’environnement et la réduction des émissions polluantes, indiquant avoir obtenu « des améliorations spectaculaires ».

Le PDG de « Haifa Chemicals », également concerné par ce blocage, a porté plainte.

Le port de Haïfa, le plus important d’Israël concentre de nombreux terminaux pétroliers et a une population de 270.000 personnes.

Les organisations de défense de l’environnement ont de leur côté accusé le maire d’avoir « fermé les yeux » sur la dangerosité de la pollution dans sa ville malgré de précédents rapports alarmants rendus publics ces dernières années.