La Maison Blanche s’est dite mercredi déçue par les mesures « non constructives » prises par Israël et les Palestiniens, qui menacent de faire imploser les pourparlers de paix parrainés par les États-Unis.

Ces négociations de paix soutenues à bout de bras par le secrétaire d’État John Kerry sont en danger depuis le refus par Israël de libérer un dernier contingent de prisonniers et sa relance d’un projet de logements à Jérusalem-Est, tandis que les Palestiniens ont repris leurs démarches de demande d’adhésion à différentes organisations et traités internationaux.

Le porte-parole adjoint de l’exécutif américain Josh Earnest a exprimé la déception de Washington en qualifiant de « non constructives et unilatérales » les mesures prises ces derniers jours par les deux parties.

Ces mesures qui relèvent de la « loi du Talion » sont contreproductives, a-t-il estimé à bord de l’avion présidentiel Air Force One, tout en affirmant croire que la diplomatie avait encore une chance. « Il existe selon nous un chemin pour trouver diplomatiquement la manière de faire exister un État juif d’Israël aux côtés d’un État palestinien », a ajouté M. Earnest.

Son homologue au département d’État, Marie Harf, a également rappelé qu’Israël et les Palestiniens devaient prendre « des décisions difficiles ». « Nous ne pouvons pas le faire pour eux. C’est à eux de le faire », a mis en garde la porte-parole américaine, assurant toutefois que le processus de paix n’était pas moribond.

Des responsables américains avaient fait part en privé de leur colère mardi quand Israël a relancé un appel d’offres pour la construction de 708 logements dans un quartier de Jérusalem-Est.

Une rencontre israélo-palestino-américaine pour aplanir les divergences devait se tenir en soirée, selon une source proche du dossier. Et M. Kerry s’est entretenu dans la journée au téléphone avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président palestinien Mahmoud Abbas, selon des responsables américains.

Selon un accord conclu en juillet sous l’égide de M. Kerry, Israël s’engageait à libérer en quatre phases 104 prisonniers incarcérés avant les accords d’Oslo de 1993, dont les trois premiers groupes ont été relâchés. En contrepartie, la direction palestinienne consentait à suspendre pendant la période de neuf mois impartie toute démarche d’adhésion aux organisations et conventions internationales, y compris les juridictions susceptibles de poursuivre Israël.