La Maison Blanche a exprimé jeudi son inquiétude concernant les « activités iraniennes » au Yémen où les rebelles chiites Houthis ont pris le contrôle de plusieurs grandes villes et menacent désormais Aden, au sud.

« Nous avons des inquiétudes concernant les activités iraniennes au Yémen et les informations sur le transfert iranien d’armes qui contribuent à la déstabilisation et à la menace pesant sur le gouvernement légitime », a déclaré Alistair Baskey, porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC).

L’intervention lancée au Yémen par l’Arabie saoudite, avec un appui logistique des Etats-Unis, a provoqué la colère de l’Iran, soupçonné de soutenir les rebelles chiites Houthis qui contestent le pouvoir du président yéménite Abd Rabbo Mansour Hadi.

Le président iranien Hassan Rouhani a condamné jeudi « l’agression militaire » contre le Yémen lors d’un entretien téléphonique avec le Premier ministre britannique David Cameron. La République islamique a notamment mis en garde jeudi contre le risque d’une propagation du conflit à d’autres pays du Moyen-Orient.

Interrogé il y a quelques jours sur ce sujet, Josh Earnest, porte-parole de Barack Obama, avait indiqué que les Etats-Unis ne disposaient pas d’éléments permettant d’accréditer l’idée d’une « forme de commandement exercé par des responsables iraniens sur les mouvements Houthis ».

Fin février, le secrétaire d’Etat américain John Kerry avait estimé que le soutien apporté par l’Iran aux rebelles chiites avait, sans « aucun doute », contribué à la chute du gouvernement yéménite. Téhéran avait immédiatement dénoncé ces propos.

Erdogan dénonce fermement une volonté de « domination » de l’Iran

Le président islamo-conservateur turc a vertement critiqué les activités de l’Iran au Yémen, où l’Arabie saoudite et des pays alliés ont lancé une intervention militaire contre les rebelles chiites soutenus par Téhéran, dénonçant une volonté de « domination » iranienne dans la région.

« Nous soutenons l’intervention de l’Arabie saoudite au Yémen », a-t-il répondu aux journalistes, cité par l’agence de presse progouvernementale Anatolie.

« L’Iran déploie des efforts pour dominer la région. Comment cela peut-il être tolérée, » s’est-il interrogé avant d’appeler l’Iran, pays voisin de la Turquie, à « retirer toutes ses forces du Yémen, de la Syrie et de l’Irak ».

« L’Iran doit changer de mentalité (…) Les agissements de l’Iran dans la région dépassent les limites de la patience. Ces activités ont provoqué un malaise aussi bien chez les Saoudiens que dans les pays du Golfe », a continué l’homme fort de la Turquie.

Dans un entretien accordé jeudi à la chaîne de télévision France 24, le président turc avait indiqué que son pays pourrait songer à fournir une « aide logistique » à l’Arabie saoudite dans son action militaire au Yémen, sans préciser la nature exacte de cette assistance.

L’opération baptisée « Tempête décisive » a été déclenchée dans la nuit par des frappes saoudiennes sur différentes positions des Houthis, miliciens chiites qui ont pris le contrôle de plusieurs grandes villes ces derniers mois et qui menaçaient de prendre la grande ville du sud, Aden.

L’Iran chiite, qui dément soutenir les Houthis, a estimé que « cette agression ne donnera aucun résultat ».

Ban : La négociation est « la seule solution » pour résoudre la crise

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a indiqué jeudi que la négociation était « la seule solution » pour résoudre la crise au Yémen, où l’Arabie saoudite, soutenue par une coalition, mène une intervention militaire.

M. Ban a également « pris note » de l’intervention militaire saoudienne, « à la demande du gouvernement yéménite », mais sans se prononcer clairement sur sa légalité au regard du droit international.

Il « souligne que malgré l’escalade, la négociation reste la seule solution pour résoudre finalement la crise au Yémen », a déclaré le porte-parole adjoint de l’ONU Farhan Haq.

Ban Ki-moon a rappelé que le Conseil de sécurité avait soutenu dans une déclaration dimanche dernier la « légitimité » du président Abd Rabbo Mansour Hadi mais qu’il avait aussi rejeté « toute ingérence extérieure visant à alimenter le conflit et l’instabilité ».

Le secrétaire général s’est entretenu jeudi par téléphone avec le ministre saoudien des affaires étrangères, le prince Saoud al-Faycal, a ajouté le porte-parole.