Dans une réprimande cinglante, un haut fonctionnaire de l’administration Obama a accusé l’ambassadeur d’Israël à Washington, Ron Dermer, de travailler pour la carrière politique du Premier ministre Benjamin Netanyahu au détriment des relations israélo-américaines, a rapporté mercredi le New York Times.

L’accusation marque une escalade frappante dans la prise de bec entre la Maison Blanche et le gouvernement Netanyahu à propos du discours prévu du Premier ministre devant le Congrès le 3 mars.

La « critique inhabituellement forte » du haut fonctionnaire, qui n’a pas été nommé dans l’article, reflète « l’indignation que l’épisode a provoquée dans le cercle intérieur autour du président Obama, » a suggéré le Times.

« De telles critiques officielles d’un diplomate d’un pays allié sont inhabituelles. »

Dan Kurtzer, un ambassadeur en Israël pendant l’administration de George W. Bush, est allé plus loin que la critique de la Maison Blanche, accusant Dermer d’être « un agent politique, pas vraiment un ambassadeur. Ce qu’il a fait est totalement inacceptable du point de vue diplomatique. Aller derrière le dos de l’administration d’un pays ami et travailler sur ce genre d’arrangement avec le Parlement ou le Congrès, c’est inouï ».

« Il a sali son froc ; qui va travailler avec lui ? » a déclaré Kurtzer au Times.

Dermer avait aussi des défenseurs dans l’article.

« Il est plus direct » que ses prédécesseurs, reconnait Frank Luntz, un stratège politique républicain et ancien employeur de Dermer dans les années 1990.

« Il est moins judicieux avec ses mots, mais il le fait par principe. Il a beaucoup de courage et il est prêt à prendre un risque de principe. Je ne connais personne qui se présente comme axé sur un objectif spécifique et est prêt à traverser les murs de briques pour y arriver. »

Les militants républicains font porter le blâme de l’accrochage à la Maison Blanche.

« Cette administration a essayé à plusieurs reprises, de saper et d’embarrasser le Premier ministre israélien, et les mêmes démocrates qui aujourd’hui prétendent être scandalisés avaient alors été remarquablement silencieux, » a confié au journal, Matt Brooks, le chef de la Republican Jewish Coalition.

« Quand la poussière sera retombée sur ce point – et la poussière retombera – je pense qu’il va continuer à être efficace sur l’ensemble des questions qui sont importantes pour la sécurité d’Israël. »

Dermer avait défendu dimanche le discours prévu de Netanyahu, affirmant que c’était un « devoir sacré » du Premier ministre de défendre sa position sur l’Iran.

S’exprimant lors d’un événement des Israel Bonds en Floride, il avait accusé l’accord nucléaire en cours de discussion entre les puissances mondiales et l’Iran « de risquer de mettre en danger l’existence même de l’Etat d’Israël ».