La Maison Blanche semblait avoir asséné mercredi un coup au Premier ministre Benjamin Netanyahu dans sa tentative de vanter les mérites de l’accord-cadre sur le nucléaire avec l’Iran, en utilisant une refonte du schéma de la bombe iranienne du dirigeant israélien.

Alors que la bataille diplomatique entre Israël et les Etats-Unis sur la valeur de l’accord conclu la semaine dernière à Lausanne bat son plein, la Maison-Blanche a publié un croquis d’une bombe de bande dessinée énumérant les avantages de l’accord – qui s’inspire largement du croquis utilisé par Netanyahu dans son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies en 2012.

Le schéma posté sur le site officiel de la Maison Blanche, ainsi que son fil Twitter, présente, à côté du dessin,  deux scénarios : « Sans l’accord » et « Avec l’accord ».

Sans l’accord, affirme-t-il, le monde serait confronté à un Iran « qui reprendrait la production d’uranium hautement enrichi ; sans aucune limite sur les stocks d’uranium enrichi ; sans aucune limite sur l’augmentation ni sur l’état d’avancement des centrifugeuses ».

« Ceci, indique le schéma, risque en effet de nous amener vers le scénario d’un Iran nucléaire présenté par le Premier ministre israélien dans son discours de 2012. L’argument est mis en valeur en imitant la ligne rouge que Netanyahu avait tracée au marqueur en haut du diagramme de la bombe dans sa démonstration.

Avec l’accord, en revanche, la communauté internationale serait gagnante : « pas de production ou de stock d’uranium hautement enrichi ; un stock d’uranium faiblement enrichi réduit de 98 % et plafonné ; un nombre de centrifugeuses réduit des deux tiers. » Cette éventualité a été marquée par un trait bleu en bas du diagramme.

« Dans le cadre d’un accord sur le nucléaire iranien, la voie de l’enrichissement d’uranium de l’Iran vers une arme sera arrêtée », conclut le tableau. Une paire de ciseaux coupant le fusible allumé de la bombe iranienne illustre ce point.

Dans le fameux discours de Netanyahu, on avait vu le Premier ministre montrer le schéma d’une bombe de type dessin animé avec une mèche. « Ceci est une bombe ; ceci est un fusible », avait-il martelé devant l’Assemblée générale des Nations Unies.
 

Présentation de la bombe et de la ligne rouge par Netanyahu à l'Assemblée générale de l'ONU le 27 septembre 2012 (Crédit : Avi Ohayun, GPO)

Présentation de la bombe et de la ligne rouge par Netanyahu à l’Assemblée générale de l’ONU, le 27 septembre 2012 (Crédit : Avi Ohayun, GPO)

Expliquant que la bombe était scindée en trois étapes de préparation, et qu’une ligne rouge devait être définie afin de stopper l’avancement de l’Iran vers la troisième phase, il avait alors sorti un marqueur rouge et dit : « La ligne rouge devrait être placée ici … Avant que l’Iran ne termine la deuxième phase de l’enrichissement nucléaire nécessaire pour fabriquer une bombe. Avant que l’Iran n’arrive à un point où il serait à quelques mois ou quelques semaines de rassembler assez d’uranium enrichi pour fabriquer une arme nucléaire. »

Un deuxième diagramme sur le site de la Maison-Blanche explique que l’accord conclu entre les puissances mondiales et Téhéran avait coupé efficacement les quatre voies potentielles de l’Iran vers une bombe.

On peut y lire : « Uranium hautement enrichi à Natanz – bloqué ; Uranium hautement enrichi à Fordo – bloqué ; plutonium de qualité militaire – bloqué ; tentatives secrètes de produire des matériaux fissiles – bloqué. »