Plusieurs milliers de jeunes juifs d’Israël et d’autres pays, accompagnés de jeunes Polonais, ont défilé jeudi lors de la Marche annuelle des Vivants en hommage aux victimes de l’Holocauste sur le site de l’ancien camp nazi Auschwitz-Birkenau, a constaté un journaliste de l’AFP.

La Marche des Vivants est un événement organisé chaque année par le gouvernement israélien et différentes organisations juives afin de commémorer les 6 millions de morts pendant la Shoah.

Pendant deux semaines, cette marche qui ne s’adresse pas uniquement aux Juifs mais aussi aux personnes d’origines ethniques et religieuses différentes pour qu’ils puissent comprendre le danger de l’intolérance et de l’antisémitisme, tente de promouvoir les relations inter-religieuses et inter-culturelles en organisant des visites des hauts lieux de la Shoah en Pologne.

« Ne croyez pas à la formule magique de ‘Plus jamais’ : c’est déjà fait, à nouveau. Pensez à la Bosnie, au Soudan, au Rwanda. De différentes manières, aux différents peuples, mais c’est arrivé », a dit Sigmund Rolat, survivant de l’Holocauste, dans une adresse aux participants de cette 24e marche.

« La Shoah reste unique dans le sens qu’elle n’a pas eu de précédent. Tous les génocides sont tragiques à leur propre façon, et en garder le souvenir est la première étape pour éviter qu’ils ne se reproduisent », a-t-il ajouté.

Cet événement prend souvent fin avec un voyage organisé en Israël pour célébrer son indépendance.

Le Jour de la Commémoration de l’Holocauste, les marcheurs parcourent le chemin entre Auschwitz à Birkenau qui est l’un des plus grands camps construits pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce chemin avait été emprunté par les prisonniers lors des marches de la mort à la fin de la guerre – d’où le nom choisi pour cet évènement.

Ce site d’Auschwitz-Birkenau, qui abrite les vestiges du camp où un million de juifs ont été tués par l’Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale, est considéré comme le symbole même de l’Holocauste.

Comme les autres années, les marcheurs ont franchi au son du schofar, instrument à vent utilisé par les Juifs dans leur rituel, le portail avec l’inscription tristement célèbre « Arbeit macht frei » (Le travail rend libre) de ce camp installé par l’Allemagne nazie dans le sud de la Pologne en 1940.

Ils ont ensuite parcouru à pied la route entre Auschwitz, la partie la plus ancienne du camp, et Birkenau, le principal lieu d’extermination des juifs distant de trois kilomètres, pour une cérémonie du souvenir devant un mémorial international.

« J’ai grandi en lisant sur cet endroit, en apprenant sur cet endroit, mais rien ne vous prépare à la réalité ici. C’est le centre absolu du mal », a déclaré à l’AFP Daniel Salomon, 36 ans, venu de Londres.

Selon Ivan Gabor, 82 ans, survivant de l’Holocauste, originaire de Hongrie, les jeunes réunis jeudi à Auschwitz « ne comprennent pas encore ce qu’est cet endroit, mais ils y arriveront avec le temps. Ils vont retourner chez eux, ils auront un temps de réflexion et alors, ils comprendront beaucoup mieux ce lieu ».

Entre 1940 et le début de 1945, l’Allemagne nazie avait exterminé à Auschwitz-Birkenau environ 1,1 million de personnes, dont un million de juifs de différents pays européens. Ce camp où quelque 80 000 Polonais non-juifs, 25 000 Roms et 20 000 soldats soviétiques ont également trouvé la mort, a été libéré par l’Armée Rouge en janvier 1945.

Voici la vidéo de la Marche de cette année :