La mère d’un soldat décédé dont le corps est toujours détenu par le Hamas a accusé un ancien rabbin militaire en chef de s’être « précipité » pour déclarer sa mort et d’avoir refusé d’expliquer comment il a été déterminé que son fils était mort.

Lors d’une cérémonie marquant le 23e anniversaire de son fils Oron Shaul, qui a été tué lors de l’opération Bordure protectrice dans la bande de Gaza en 2014, Zehava Shaul a également imploré le chef d’état-major de l’armée israélienne Gadi Eizenkot d’obtenir le retour du corps de son fils.

Depuis que sa dépouille a été prise par le Hamas en juillet 2014, la famille de Shaul a mené une campagne publique pour obtenir le retour de ses restes, en montant entre autres des tentes de protestation à l’extérieur de la résidence du Premier ministre à Jérusalem.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahou et Eizenkot ont promis de faire tout ce qui était en leur pouvoir pour ramener le corps de Shaul à sa famille. Netanyahu avait déclaré pendant les funérailles du père d’Oron Shaul, Herzl Shaul en septembre : « notre engagement vise à ramener Oron à la maison ».

Au cours de son discours, Shaul a expliqué que cinq jours après l’enlèvement, le rabbin Rafi Peretz est arrivé dans leur maison juste une heure avant le Shabbat – le jour de repos juif pendant lequel les juifs orthodoxes s’abstiennent de travailler ou d’utiliser des voitures et les objets électroniques – pour informer la famille de la mort du soldat. Elle a poursuivi : « Nous avons demandé des explications, mais la réponse [que nous avons reçue] était que le rabbin devait rentrer à la maison avant le début du Shabbat ».

Elle a ajouté : « Nous attendons des réponses depuis ».

Shaul a également accusé Peretz de s’être « précipité pour déclarer la mort d’Oron contrairement à toutes les pratiques acceptées et la loi juive », en expliquant que l’on ne savait pas s’il était encore vivant après avoir été enlevé.

Le frère du soldat israélien décédé Oron Shaul organise une manifestation devant la résidence du premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 30 juin 2016. Les panneaux disent "Rendez Oron". (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le frère du soldat israélien décédé Oron Shaul organise une manifestation devant la résidence du premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 30 juin 2016. Les panneaux disent « Rendez Oron ». (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Se tournant vers le chef d’état-major, Shaul a déclaré que son fils « n’est pas l’enfant de tout le monde, mais il est l’enfant de parents sionistes nés en Israël ».

Elle faisait référence au discours d’Eisenkot au début de la semaine où il faisait allusion à l’opinion répandue parmi la population selon laquelle le soldat de Tsahal qui a tué un terroriste neutralisé à Hébron est « l’enfant de tout le monde ».

Shaul a cité le code de déontologie de l’armée israélienne pour expliquer pourquoi la dépouille de son fils doit être restitué, affirmant que les valeurs de l’armée sont « ce qui la différencie de toutes les autres armées dans le monde et ce qui donne aux parents le calme émotionnel et le sentiment de sécurité pour envoyer leurs enfants au service obligatoire à l’armée ».

Elle a également appelé le gouvernement à s’assurer du retour de la dépouille de son fils.