La ministre de la Justice Ayelet Shaked a condamné vendredi les menaces parues sur Internet contre les juges qui ont condamné pour homicide un soldat de l’armée israélienne cette semaine.

L’ancien chef d’état-major de Tsahal, Benny Gantz, a pour sa part apporté son soutien à son successeur, pris à parti dans cette affaire, tandis que le président Reuven Rivlin a qualifié les commandants militaires de « sources d’inspiration et de fierté nationale ».

“On peut critiquer le jugement mais, quelles que soient les circonstances, personne n’a le droit de lancer des incitations à la violence contre les magistrats”, a dit Shaked dans une déclaration.

« Un système judiciaire fort et indépendant est la pierre angulaire d’un état sain ».

Le verdict a suscité de furieux messages contre la juge du tribunal militaire Maya Heller, qui a siégé à la tête des juges qui ont condamné mercredi le sergent Azaria.

Les mesures de sécurité autour de Heller et des deux autres juges, le lieutenant-colonel Carmel Wahabi et le lieutenant-colonel Yaron Sitbo, ont été renforcées mercredi, alors que des milliers de menaces proférées à leur encontre étaient signalées sur les réseaux sociaux et ailleurs.

La ministre de la Justice a également maintenu que plusieurs éléments – un rapport de l’armée qui avait fuité portant sur le tir mortel qui avait tué un terroriste palestinien alors à terre à Hébron au mois de mars dernier, tir pour lequel Azaria a été condamné, l’ingérence des politiciens et la décision d’aller devant la Cour au lieu de conclure une négociation de plaidoyer – avaient entaché la procédure judiciaire.

“Je veux être claire : Elor aurait mérité une procédure judiciaire plus propre”, a-t-elle dit.

Le porte-parole de l’armée israélienne Moti Almoz a rejoint le choeur des dénonciations à l’encontre des manifestants qui menacent de recourir à la violence suite au verdict énoncé dans l’affaire d’Elor Azaria.

Répondant aux informations attestant d’appels à la violence contre les magistrats du Tribunal et contre le chef de Tsahal Gadi Eisenkot, Almoz a expliqué que l’armée condamne “toute déclaration d’incitation ou toute action de n’importe quel type envers les juges du tribunal militaire, le système de la justice militaire ou envers n’importe quel soldat, quels qu’ils soient ».

Dans un communiqué séparé, le chef de l’opposition Isaac Herzog a soutenu la présidente de la Cour Suprême, Miriam Naor, qui a appuyé les magistrats militaires.

Il a également critique la vice-ministre aux Affaires étrangères Tzipi Hotovely qui a qualifié le verdict de simulacre de procès ».

“Ce sont des termes réservés à des procès dans des pays obscurantistes, dont ceux qui ont mené à la pendaison de Juifs en Irak, dans les pays arabes et dans la Russie de Staline”, a-t-il affirmé, ajoutant que ce n’est pas le moment de commencer à évoquer une grâce du meurtrier.