Le président Reuven Rivlin a critiqué l’ignorance juive israélienne de la société arabe lors d’une conférence organisée à sa résidence dimanche, regrettant que les deux groupes « soient aveugles l’un à l’autre ».

« Combien nous, Juifs, connaissons de collègues au travail qui sont Arabes ? Combien d’entre nous avons de vrais amis qui sont Arabes ? Combien d’entre nous connaissons les préoccupations de la population arabe, ou les différences divisant leur société ? », s’est interrogé Rivlin à un événement consacré à l’intégration des citoyens arabes dans la secteur privé, devant une foule de dirigeants d’entreprises et de représentants de la société civile.

« Un énorme fossé s’est creusé au cours des années entre deux sociétés qui vivent l’une à côté de l’autre et l’une avec l’autre, et pourtant sont aveugles l’une à l’autre… Nous devons admettre la difficile vérité : pour la majorité de la socité israélo-juive, la population arabe occupe une position inconnue. »

Depuis sa prise de fonction en juillet 2014, Rivlin a consacré beaucoup de son temps à chercher à gommer les distances entre les Juifs et les Arabes en Israël.

En octobre dernier, il est devenu le premier dirigeant israélien à reconnaître le « terrible crime » du massacre de Kfar Kassem en 1956, et à une rencontre avec des dirigeants municipaux arabes cette semaine, il a soutenu la construction d’une nouvelle vite arabe.

« La population arabe en Israël n’est plus depuis longtemps une minorité, a-t-il déclaré au rassemblement. La tâche de construire des ponts et de créer un sens au partenariat entre les Juifs et Arabes est pour moi une mission humaine, juive et sioniste de premier ordre. »

Shaldor, une entreprise israélienne en consultation stratégique engagée par un groupe de jeunes entrepreneurs arabes connu comme l’Impact collectif, a présenté à la conférence la recherche qu’elle a mené parmi les 47 entreprises israéliennes les plus importantes. L’étude montre le bas niveau d’intégration arabe.

Selon les données de Shaldor, présentée par le vice président de l’entreprise Yakir Lazarov, tandis que les Arabes représentent 20 % de la société israélienne, ils ne comptent que pour 5 % des employés dans le secteur israélien des affaires.

Environ 70 000 Arabes ont été identifiés comme étant trop qualifiés ou sous-employés (travaillant à mi-temps), un chiffre que l’on s’attend à voir augmenter à 126 000 en 2020.

L’étude a montré que seulement 7 des 47 entreprises employaient des arabes à des niveaux égaux de leur 20 % de représentation dans la société israéliene, mais aucune des entreprises n’employaient d’Arabes dans des positions de direction de moyen ou haut niveau.

« La bonne nouvelle est que beaucoup d’entreprises ont mis en évidence qu’il s’agissait d’une ‘question d’affaire’ d’employer plus d’Arabes, tout particulièrement dans le secteur de la vente », a déclaré Lazarov en identifiant l’obstacle principal de l’intégration arabe comme le manque d’accès de l’employeur aux potentiels employés.

Ofra Strauss, PDG du deuxième plus gros producteur de nourriture, Strauss Group, a déclaré lors de la rencontre que son entreprise a l’intention d’employer plus de citoyens arabes qu’elle ne le fait actuellement.

« La question d’un emploi plus varié n’est pas une situation que nous pouvons ignorer, a déclaré Strauss. Lorsque cela fait surface, cela sert de piqûre de rappel pour nous tous. Nous ne pouvons pas ignorer l’opportunité, nous ne pouvons pas ignorer l’engagement. »