Les heures qui passent depuis l’enlèvement n’atténuent pas les espoirs de la nation et tirent l’armée dans deux sens qui représentent en fait deux missions bien différentes.

Lundi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a peut-être souligné la double nature de l’opération Shouvou Ahim [Retour des frères], mais par inadvertance.

« Nous sommes actuellement concentrés sur une mission – ramener les garçons, nos garçons qui ont été enlevés, à la maison. Nous opérons également contre le Hamas », a-t-il déclaré à l’état-major du commandement central de l’armée.

Retrouver Eyal Yifrach, Gil-ad Shaar et Naftali Frenkel est, sans doute, la mission première. La plupart des actions de l’armée, du Shin Bet, et de la police d’Israël tournent autour de cet objectif.

Les enquêteurs sur la scène du crime sont à la recherche de la scène de l’enlèvement et du véhicule carbonisé soupçonné d’avoir transporté les ravisseurs et les personnes enlevées dans la région de Dura, près de Hébron – la plus grande ville de Cisjordanie.

Les unités canines et les traqueurs passent également le sol au peigne fin pour trouver des indices. Les troupes de l’infanterie de Jénine, dans le nord de Hébron, font pression dans la région environnante, à la fois par leur présence et au cours d’arrestations nocturnes.

Les troupes des Forces spéciales appréhendent les cibles à haut potentiel du Hamas. Les drones patrouillent le ciel, aidant les troupes sur le terrain et recherchant des fuyards.

Le Shin Bet, fer de lance de la mission, assemble les éléments d’information à partir des interrogatoires, la surveillance électronique et les sources humaines sur le terrain.

« Nous pourrions appeler cela l’arrachage de l’écorce qui entoure les auteurs », a déclaré le lieutenant-colonel Peter Lerner, un des porte-paroles de l’armée au Times of Israel lors d’une visite dans la région de Hébron lundi.

Le colonel Lior Lotan est un officier qui a été blessé alors qu’il menait la charge à travers des coups de feu pour atteindre le soldat enlevé Nachshon Wachsman en 1994. Il a plus tard dirigé le département des renseignements militaires, des portés disparus et des otages.

Celui-ci a décrit la mission comme étant à trois niveaux. Le premier niveau, explique-t-il, est « chirurgical – les arrestations de personnes spécifiques avec des informations à ce sujet ».

Il décrit le deuxième niveau, avec les arrestations des membres du Hamas, comme une forme dépassée de la chirurgie, dans lequel « de grandes sections sont prélevées aux forceps ».

Et le troisième niveau, l’encerclement des villes, les arrestations massives de l’échelon politique, et l’inondation de la zone avec des troupes de combat, comme une forme de pression opérationnelle qui permet aux troupes sur le terrain d’opérer.

« Au-dessus de tout cela, il est possible que certaines actions soient destinées à modifier la situation vis-à-vis des Palestiniens », a-t-il expliqué, ajoutant qu’il « y a aussi certainement un élément punitif et dissuasif ».

Lerner a confirmé qu’il s’agit de la dynamique à l’œuvre. « L’histoire se passe comme ça », affirme-t-il. « Le but principal, bien sûr, c’est la collecte de renseignements et utiliser cette intelligence pour se concentrer sur l’activité opérationnelle contre les auteurs ».

« En parallèle, il y a des cercles complets du Hamas, qui fonctionnent en Judée-Samarie et qui se sont développés… Et s’ils ont choisi de procéder à ce type d’attaque, alors nous agissons maintenant contre cette organisation, massivement, de façon très significative, dans l’ensemble de la Cisjordanie ».

Une source militaire citée par la Deuxième chaîne, mardi après-midi, a prévenu : « Tout ce qui est vert [la couleur du Hamas], nous allons le nettoyer ».

Le deuxième élément de la mission elle-même s’est joué sur une grande échelle, lundi soir, avec l’arrestation de 41 autres responsables du Hamas, y compris le directeur de la chaîne de télévision Al-Aqsa TV, Aziz Kaeed, ainsi qu’avec des fouilles et des découvertes d’armes et de munitions à travers Naplouse.

On imagine que ce dernier rebondissement, même dans les jours qui précèdent le mois du Ramadan qui commence fin juin, n’a pas ému les membres du Fatah, les rivaux du Hamas à Ramallah. 

Mais comme la montre continue de tourner et la présence israélienne dans les villes de Cisjordanie augmente, les frictions sur le terrain vont s’accroître elles aussi.

Espérons qu’en dépit de plusieurs meurtres non résolus à Hébron au cours de la dernière année – les tirs sur le surintendant en chef de la police Baruch Mizrachi la veille de la fête de Pessah et l’attaque du sniper contre le sergent-chef Gal Kobi près du Caveau des Patriarches – les forces de sécurité vont, comme le ministre de la Défense Moshe Yaalon l’a déclaré lundi soir, finir par trouver les auteurs et les adolescents enlevés.

« Il n’y a aucun doute à ce sujet », a-t-il affirmé.