Le magistrat du tribunal de Petah Tikva a levé l’injonction de silence mercredi matin sur la mort d’un employé de la construction dans une chute sur un chantier à la mi-septembre, révélant que les forces de sécurité traitent l’affaire comme un attentat terroriste et ont brièvement arrêté trois personnes dans le cadre de l’incident.

Les suspects ont été arrêtés et interrogés par le service de sécurité du Shin Bet et la police, mais ont été libérés faute de preuves suffisantes les reliant à la mort de Netanel Arami, 27 ans, qui a chuté du 11ème étage d’un immeuble à Petah Tikva. L’enquête est en cours, et dirigée sous l’hypothèse que la mort était le résultat d’une attaque à motivation nationaliste.

Dans le même temps, la famille Arami a été officiellement reconnue par la police comme victime du terrorisme, et recevra une compensation.

Concernant le retard dans les déclarations, interprété par la famille comme une couverture intentionnelle, le ministre de la Sécurité publique Yitzhak Aharonovitch a défendu : « En fin de compte, malheureusement, il s’agissait d’une attaque terroriste, mais nous n’avions aucune intention malveillante en émettant l’hypothèse [initiale] de l’accident. Nous devons attendre les résultats, et dès qu’ils seront sûrs, nous les rendrons publics », a-t-il dit.

La famille Arami a salué la reconnaissance de l’attaque comme un acte terroriste mercredi, mais critiqué ce qu’elle considère comme des efforts visant à étouffer les circonstances de l’affaire, ainsi que le manque de soutien du gouvernement après la mort de leur fils.

« Il est important pour nous que les faits soient publiés, et que tout le monde connaisse la vérité et comprenne que Netanel est allé travailler et n’est pas revenu, mais a été assassiné, car il était juif », a déclaré Miriam Arami, la mère de la victime.

Elle a raconté que la famille avait fait une promesse à Netanel, au cimetière, pour son anniversaire il y a deux semaines : « Nous ne connaîtrons pas le repos jusqu’à ce que les meurtriers soient retrouvés. »

« Nous sommes en colère qu’aucun responsable du gouvernement, comme le président ou le Premier ministre, ne soit venu nous rendre visite, ni n’ait même téléphoné, » dit-elle.

« Tout le monde est allé réconforter [la famille de Mahomet] Abu Khdeir, » a-t-elle poursuivi, faisant référence à l’assassinat brutal d’un adolescent de Jérusalem-Est par des extrémistes juifs en juillet. « Il semble que pour eux, il est plus important que le sang de mon fils. »

Après la mort d’Arami, la police avait déclaré qu’il s’agissait d’une chute accidentelle – les deux câbles qu’il utilisait pour descendre de la façade du bâtiment étaient arrachés. Mais sa famille a fait pression pour qu’elle enquête sur la thèse de l’assassinat.

« Il m’a dit à plusieurs reprises qu’il avait peur que les Arabes sur le site de construction essayent de le tuer en coupant les câbles », a confié sa femme, Moria, selon le site NRG.

Le frère de Netanel, Ohad, a déclaré que son frère était un professionnel, avec une expérience de plusieurs années, qui a toujours respecté les mesures de sécurité, et qu’il n’y avait aucune chance que la chute soit un accident.

La famille de Netanel Arami en conférence de presse le 30 septembre 2014 (Crédit : Flash90)

La famille de Netanel Arami en conférence de presse le 30 septembre 2014 (Crédit : Flash90)

« Quand ils travaillent et descendent en rappel, ils sont attachés à deux câbles de sorte que si l’un se brise, il y a un câble de secours », explique Ohad. « Il est impossible que les deux câbles cèdent en même temps, à moins que quelqu’un ne les ait intentionnellement coupés. »

La veuve d’Arami a accusé la police d’avoir tenté de dissimuler les circonstances de la mort de son mari.

« Peut-être n’avaient-il pas de suspect, mais ils savaient ce qui s’est passé, et ils auraient pu nous donner les détails de l’incident, » a-t-elle déclaré à la Dixième chaîne. « Ils ont essayé de couvrir les choses, pour qu’il n’y ait pas de soulèvement, de chaos et de guerre. »

Arami était père de deux enfants – une fille de quatre ans et un garçon de deux ans. Sa femme, Moriah, est enceinte du troisième.

Stuart Winer a contribué à cet article.