Pour la première fois depuis l’élection de la nouvelle direction du Hamas, il y a quatre mois, les leaders du groupe terroriste venus de tout le Moyen-Orient se sont réunis dimanche pour une toute première rencontre en face à face.

Initiative symbolique, l’assemblée n’a pas eu lieu au Qatar, où le Hamas avait son siège des dernières années mais en Egypte, un pays avec lequel le groupe terroriste palestinien tente de renforcer ses liens après avoir entretenu des relations précaires.

Le Qatar, ces derniers mois, a subi des pressions de la part d’acteurs régionaux puissants, notamment l’Arabie saoudite et l’Egypte, pour qu’il cesse d’apporter son soutien au Hamas.

Le chef du bureau politique du Hamas, Ismail Haniyeh, a fait le voyage au Caire samedi. C’était son premier déplacement hors de la bande de Gaza depuis les élections et il était accompagné du leader du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar.

Selon des informations parues lundi dans le quotidien pan-arabe Asharq al-Awsat, Musa Abu Marzouk, l’adjoint de Haniyeh, est également arrivé au Caire samedi en fin d’après-midi, aux côtés des membres du bureau politique Saleh al-Arouri, Zaher Jabarin, Mohammed Nasr et Izzat al-Rishq ainsi que d’autres venus d’Istanbul, de Doha et du Liban.

Ce sont 21 responsables du Hamas qui ont assisté à cette rencontre au Caire, a fait savoir le quotidien Al-Hayat, basé au Liban.

Yahya Sinwar, troisième à droite, le nouveau leader du groupe terroriste du Hamas dans la bande de Gaza, assis avec d'autres chefs du Hamas qui écoutent un discours du dirigeant du bureau politique du Hamas Ismail Haniyeh dans la ville de Gaza, le 5 juillet 2017 (Crédit : Mahmud Hams/AFP PHOTOS)

Yahya Sinwar, troisième à droite, le nouveau leader du groupe terroriste du Hamas dans la bande de Gaza, assis avec d’autres chefs du Hamas qui écoutent un discours du dirigeant du bureau politique du Hamas Ismail Haniyeh dans la ville de Gaza, le 5 juillet 2017 (Crédit : Mahmud Hams/AFP PHOTOS)

Au cours de la réunion, selon le reportage publié dans Asharq al-Awsat, les membres du Hamas ont évoqué trois sujets principaux : Les relations avec l’Egypte, la réconciliation possible avec l’Autorité palestinienne et l’avenir des relations avec les autres pays arabes et l’Iran.

Le Hamas et l’AP sont à couteaux tirés depuis 2007, lorsque le Hamas a pris le contrôle de la bande de Gaza à l’occasion d’une bataille violente.

Les dirigeants du Hamas rencontrent le chef des renseignements égyptiens

Suite à la réunion interne du groupe terroriste, ses dirigeants ont rencontré le ministre des Renseignements égyptiens Khaled Fawzi, a fait savoir Al Hayat.

Des sources proches du Caire ont déclaré à Al-Hayat que les deux parties avaient évoqué l’ouverture du point de passage frontalier de Rafah entre Gaza et l’Egypte, la réconciliation palestinienne et un échange possible de prisonniers entre Israël et le Hamas.

Le Hamas détiendrait trois Israéliens — Avraham Abera Mengistu, Hisham al-Sayed et Juma Ibrahim Abu Ghanima — qui seraient entrés de leur plein gré dans la bande au cours de ces dernières années, et il retiendrait également les dépouilles de deux soldats de l’armée israélienne, Oron Shaul et Hadar Goldin qui avaient été tués au cours de la guerre qui avaient opposé Israël et le Hamas au cours de l’été 2014. Mengistu et Sayed souffriraient tous deux de maladie mentale.

Selon le reportage d’Al Hayat , les entretiens entre le Hamas et les Egyptiens se sont concentrés sur les accords trouvés entre ces deux parties ces derniers mois.

Oron Shaul, Hadar Goldin et Avraham Mengistu. (Crédit : Flash 90/Times of Israel)

Oron Shaul, Hadar Goldin et Avraham Mengistu. (Crédit : Flash 90/Times of Israël)

Cela fait longtemps que le Hamas est accusé par le gouvernement égyptien d’aider l’insurrection islamique violente dans la région égyptienne du nord du Sinaï mais ces derniers temps, le Hamas a renforcé la sécurité le long de la frontière avec l’Egypte, au sud de Gaza, cherchant à rassurer le Caire en montrant qu’il lutte contre les partisans de l’EI.

En échange, l’Egypte devrait alléger son blocus contre Gaza en ouvrant le carrefour de Rafah – le seul permettant de quitter Gaza à part via Israël – et en augmentant ses liens commerciaux avec la bande.

Ces entretiens surviennent quelques semaines après qu’un kamikaze a tué un gardien du Hamas dans le sud de Gaza, lorsque les forces de l’ordre ont tenté de l’empêcher de s’infiltrer du côté égyptien – un incident qualifié par des sources comme une attaque rare contre le Hamas de la part d’insurgés islamistes. Cet attentat à la bombe est le tout premier d’un kamikaze palestinien contre les forces du Hamas.

Sinwar avait indiqué aux journalistes au mois d’août que l’Egypte prévoyait d’ouvrir le point de passage frontalier après la fête de l’Aïd al-Adha qui s’est achevée la semaine dernière.

« Le Hamas veut voir des résultats qui se refléteront ultérieurement sur les habitants », a confié une source du Hamas à Asharq al-Awsat.

Le chef du groupe terroriste du Hamas à Gaza Yahya Sinwar, au centre, à gauche, visite la frontière avec l'Egypte dans la ville de Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 6 juillet 2017 (Crédit : AFP Photo/Said Khatib)

Le chef du groupe terroriste du Hamas à Gaza Yahya Sinwar, au centre, à gauche, visite la frontière avec l’Egypte dans la ville de Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 6 juillet 2017 (Crédit : AFP Photo/Said Khatib)

Des sources ont expliqué au journal que Haniyeh tenterait de convaincre les Egyptiens que le Hamas prendrait au sérieux une réconciliation avec l’AP si Abbas devait prendre également au sérieux cette initiative.

Le Hamas, selon le reportage, voudrait que cette réconciliation soit gérée par les Egyptiens afin d’améliorer les relations avec Le Caire.

La longueur du séjour des dirigeants du Hamas en Egypte reste indéterminée, mais ils devraient ensuite se rendre en Turquie, au Liban et au Qatar, a fait savoir l’article.

Le Hamas a récemment acheté 30 millions de litres de carburant à l’Egypte pour un montant de 90 millions de shekels afin d’améliorer l’approvisionnement énergétique maigre dans la bande de Gaza, qui n’a bénéficié que de deux à quatre heures d’électricité par jour en raison d’un conflit entre le Hamas et l’AP de Mahmoud Abbas concernant les paiements du carburant.

L’achat de carburant marque un changement d’attitude de la part des gouvernants de Gaza et indique probablement la volonté de décourager des manifestations de rue qui avaient largement perturbé l’enclave l’hiver dernier.