Les constructions dans les implantations israéliennes de Cisjordanie et à Jérusalem Est ont baissé en 2015, mais ces constructions, illégales aux yeux de la communauté internationale, se sont multipliées dans des secteurs qui compliquent toute possibilité d’accord avec les Palestiniens, indique dimanche une ONG.

Pendant l’année 2015, la construction a commencé pour 1 800 nouveaux logements dans les implantations de Cisjordanie, selon un rapport publié dimanche par l’organisation de surveillance des implantations la Paix Maintenant.

« Il faut toutefois noter que 2014 avait été une année exceptionnelle et que le chiffre de 2015 est dans la moyenne enregistrée depuis 2009 », année du retour au pouvoir du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a précisé à l’AFP Hagit Ofran, responsable à la Paix Maintenant.

Presque 80 % des nouvelles constructions ont eu lieu dans des zones situées en dehors des blocs principaux d’implantations – ceux qu’Israël cherchera à garder dans le cadre d’un accord de paix à long terme avec les Palestiniens. Plus de 40 % des logements (746) sont situés à l’est de la barrière de sécurité.

Selon ce rapport annuel, 32 logements ont été construits sur des terres palestiniennes privées, presque tous dans des avant-postes illégaux.

« En choisissant délibérément de construire dans ces colonies isolées, le gouvernent Netanyahu rend pratiquement impossible une solution de deux états » israélien et palestinien coexistant côte à côte, a-t-elle déploré. Netanyahu a récemment dit soutenir « à tout moment » les implantations en Cisjordanie.

Selon la Paix Maintenant, 265 logements ont été construits dans des « implantations illégales », des implantations que la loi israélienne ne reconnaît pas. La communauté internationale considère elle comme illégales toutes les habitations, entreprises ou exploitations agricoles israéliennes dans les territoires disputés depuis le conflit de 1967.

Trois de ces implantations illégales ont été légalisées rétroactivement l’an dernier. Depuis 2009, 20 l’ont été. En 2015, le gouvernement a annoncé à la Cour suprême vouloir en légaliser six autres, ajoute l’ONG.

Pour Ofran, « le message ainsi adressé aux colons [résidents des implantations] est qu’ils peuvent construire illégalement et qu’ils obtiendront une légalisation rétroactive ».

Malgré un « gel des offres » officiel, des offres pour 1 143 nouvelles habitations ont été publiées par le gouvernement en 2015 – 560 en Cisjordanie et 583 à Jérusalem est, selon le rapport.

Le nombre est en déclin de plus de 40 % comparé à 2014, où la construction de 3 100 habitations avaient été entreprises, a annoncé la radio publique israélienne.

Shilo Adler, qui dirige le conseil Yesha, un regroupement d’associations d’implantations, a déclaré à la radio que les nombres présentés par le rapport de La Paix Maintenant montrent que le gouvernement « gelait les constructions en Judée et Samarie » [un autre nom pour la Cisjordanie] et « discriminait » contre la population juive dans ces régions.

La construction dans les implantations, qui s’est poursuivie sans relâche sous les gouvernements israéliens de droite comme de gauche, sont dénoncées par les Palestiniens et la communauté internationale comme rognant la superficie d’un futur État palestinien et compliquant davantage de possibles négociations de paix actuellement au point mort.