Même les pianistes concertistes finissent par se lasser des applaudissements.

Orit Wolf, pianiste et titulaire d’un doctorat consacré à Beethoven, a eu le sentiment que quelque chose manquait après les trente secondes d’applaudissements qu’elle recevait suite à ses performances.

« J’ai ressenti une solitude, un vide d’une certaine manière, avec un écart énorme entre le degré de préparation et de stress et la communication et la récompense de la part du public », explique Wolf. « J’ai réalisé que je devais rompre les règles et les paradigmes. Je ne voulais pas être une artiste silencieuse sur scène ».

Wolf a mis en place une série de concerts à travers Israël et à Londres, offrant des performances avec des musiciens chevronnés et des invités internationaux suivis par des conversations entre le public et les artistes sur scène.

Elle fait dorénavant la même chose pour le public anglophone, avec une série de concerts en cinq parties qui débutera en octobre 2017 au Centre Weil de Kfar Shmaryahu.

La première présentation sera intitulée « De Broadway à Tel Aviv – les comédies musicales », et explorera les airs favoris des spectacles de Broadway en compagnie de la soprano Claire Meghnagi et du ténor Assaf Kacholi.

Les autres concerts seront consacrés à Chopin, à la Bossa Nova et à plusieurs autres chefs-d’oeuvre du violoncelle.

« Nous nous efforçons de transmettre quelque chose au-delà de la simple interprétation des plus grands chefs d’oeuvre », dit Wolf, qui parle couramment l’anglais. « Nous dialoguons avec le public sur la musique et sur ce que représente le fait de jouer de la musique, nous parlons des réussites et des échecs lors du concert, de ce qui était bon et de ce qui ne l’était pas ».

Le concept est provocateur mais fonctionne toutefois, ajoute Wolf.

« On peut dire : ‘D’accord, c’était bien’ et partager pour savoir pourquoi. On se permet davantage de drôlerie, on parle au public des répétitions, des disputes », poursuit-elle. « Il y a tant de désaccords entre les musiciens avant de monter sur scène ».

Cette combinaison de concert et de conversation offre une perspective qui n’est en général pas mise à la disposition des spectateurs.

« Ils peuvent rester chez eux et regarder YouTube pour vivre un grand concert en pyjama », indique Wolf. « Les gens sortent pour communiquer et vivre une expérience, et c’est ce que leur offre ce concept ».

Cette série de concerts israéliens se produira à travers tout Israël, notamment au musée des arts de Tel Aviv, à Raanana, à Ashdod et Haifa, entre autres.

Ce nouveau programme anglophone est parrainé par Dame Shirley Porter, une bienfaitrice qui intervient dans le domaine des arts et qui a assisté depuis des années aux conférences données par Wolf.

Comme les séries en hébreu, les performances anglophones de Wolf combineront différentes formes d’art, notamment de la poésie, la comédie, la danse et permettront de découvrir des spécialistes dans d’autres domaines, accompagnés par une musique improvisée.

Les conversations musicales sont courtes et ne durent que 75 minutes.

« Elles sont brèves et précises », confie Wolf. « Nous devons beaucoup répéter, mais laisser encore de l’espace à la spontanéité. Je ne cherche pas à être Wikipedia, ce n’est pas un concert professoral, c’est vraiment un concert conversationnel ».

La série de concerts d’Orit Wolf aura lieu une fois par mois au Centre Weil de Kfar Shmaryahu, à partir du mois d’octobre 2017. Pour acheter vos billets, rendez-vous sur le site d’Orit Wolf.