Des centaines de policiers des forces spéciales de la police israélienne ont pris d’assaut tôt mardi matin les bâtiments construits illégalement dans l’implantation juive de Beit El en Cisjordanie, où des manifestants étaient barricadés dans une tentative pour empêcher la démolition des bâtiments.

Environ 50 manifestants auraient été arrêtés à la suite d’échauffourées avec la police.

Les militants avaient deployé des barbelés et préparé des piles de pneus à brûler en préparation d’une manifestation contre une décision de la Cour suprême de démolir les bâtiments, dans le quartier de Dreinoff de l’implantation, selon le site d’information Ynet.

Peu après 3h du matin, la police est cependant arrivée à devancer la manifestation. Les manifestants à l’intérieur du quartier ont été évacués de force par la police, mais on ne signale aucun blessé.

Des manifestants supplémentaires avaient afflué vers Beit El, qui est située au nord de Jérusalem, avec l’intention d’ériger une ville de tentes dans le but d’essayer d’empêcher l’application de la décision de la Cour suprême.

« Nous sommes venus pour construire, pas pour être chassés, » ont peint les résidents de l’implantation sur l’un des immeubles voués à la démolition.

Un autre graffiti disait : « Avec mon sang, je défendrai la Terre d’Israël ».

Une vidéo tournée cette nuit montre les forces de police se diriger vers les bâtiments, et un grand feu à leur gauche :

Le ministre de l’Agriculture Uri Ariel du parti pro-implantations HaBayit HaYehudi a accusé le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Moshe Yaalon d’avoir orchestré l’évacuation des bâtiments, qu’il a qualifié de « grave incident » dans une interview mardi matin sur la radio israélienne.

Le maire de Beit El Shai Alon et Avi Roeh, qui dirige le Conseil de Yesha, étaient sur les lieux. Faisant écho à Ariel, ils ont reproché à Netanyahu et à Yaalon d’ « étrangler » les implantations.

« Nous appelons le Premier ministre à mettre tout son poids derrière la réponse de l’Etat à la Cour suprême, et d’empêcher la démolition des bâtiments, qui pour l’heure sont tout à fait légaux, » ont-ils dit dans un communiqué cité par Ynet.

Plus tôt ce mois-ci, l’administration civile du ministère de la Défense, qui gère les questions gouvernementales en Cisjordanie, avait approuvé rétroactivement les constructions, mais la Cour suprême a rejeté dimanche cette décision.

Un haut fonctionnaire du ministère de la Défense a déclaré mardi matin que le statut du quartier Dreinoff était encore en suspens, et que l’Etat ne démolirait les immeubles que si la Cour suprême confirmait sa décision.

« Puisque la construction de 24 unités de logement sur le site a été approuvée par l’Administration civile, et suite à l’appel des résidents devant la Haute Cour de justice sur la question dans un effort pour empêcher la démolition, elle ne sera effectuée que si la Cour suprême confirmait sa décision », a déclaré le fonctionnaire.

« Nous sommes encore au milieu d’un processus judiciaire. »

Des députés du parti HaBayit HaYehudi et les dirigeants des implantations juives ont vivement critiqué ce mois-ci Netanyahu a propos d’informations sur un gel de facto de la constructiom en Cisjordanie, menaçant par lettre des membres du Likud d’imposer des sanctions au gouvernement.

La lettre a été écrite après une réunion d’urgence la semaine dernière, convoquée en réaction aux allégations que le Premier ministre avait décidé de geler le développement des implantations de Cisjordanie, et à la lumière de la décision de la Cour suprême de démolir le quartier Dreinoff.

L’organisation Yesh Din avait déposé le cas devant la Cour suprême pour obtenir la démolition du quartier – nommé d’après son développeur, Meir Dreinoff.

En réponse, les habitants de Beit El ont dit au site Ynet : « Nous prions qu’ils n’y ait pas de démolition ici. »

D’autres ont ajouté, « Des amis de Samarie et d’autres parties de la région sont arrivés et nous ferons tout pour empêcher la démolition. »

« Tout cela veut dire : tout, » a ajouté l’un des manifestants.