La police a arrêté lundi matin 51 personnes soupçonnées d’avoir participé à de violentes manifestations dans le quartier Issawiya de la capitale, dans une opération qui a impliqué des centaines de policiers et un soutien par hélicoptère, a annoncé la police.

En plus des arrestations, la police a également inspecté les licences des commerces locaux pendant l’opération nocturne, pour vérifier qu’ils étaient à jour. Elle a aussi vérifié que les individus assignés à domicile respectaient les termes de leur condamnation.

Des bus ont été utilisés pour transporter les suspects, dont les mains étaient liées par des colliers de serrage en plastique. Dans une vidéo diffusée par la police, un hélicoptère survole la scène, fournissant un soutien aérien aux centaines de policiers et de garde-frontières déployés au sol.

L’opération qui a eu lieu à l’aube a été critiquée par l’organisation hiérosolymitaine de gauche Ir Amim, qui l’a jugée contre-productive.

« Des arrestations de masse pendant l’obscurité et des centaines de gardes-frontières dans des immeubles résidentiels n’apporteront pas le calme aux habitants de Jérusalem », a dit Aviv Tatarsky, membre de l’association.

Tatarsky a accusé la police d’avoir utilisé une « force disproportionnée », qui ne fera « qu’aggraver la fracture » entre les habitants juifs et arabes de la capitale.

Dans un communiqué, la police a ajouté qu’elle avait aussi travaillé à « améliorer la qualité de vie » des habitants d’Issawiya.

Les habitants de Jérusalem Est se plaignent régulièrement d’être négligés par la municipalité et ne pas avoir accès aux services de base.

La police a indiqué que les employés municipaux ont vidé les bennes à ordure et évacué les ordures pendant l’opération, surnommée « Opération 700 ».

Yoram Halevy, chef de la police du district de Jérusalem, au mur Occidental, là Jérusalem, le 27 juillet 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Yoram Halevy, chef de la police du district de Jérusalem, au mur Occidental, là Jérusalem, le 27 juillet 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Yoram Halevy, commissaire de la police de Jérusalem, avait demandé à ce que l’opération comprenne ces deux volets : les arrestations de masse et les services municipaux, a indiqué la police.

Les employés de la ville ont également retiré les panneaux qui bloquaient les trottoirs, ont réparé les lampadaires et nettoyé des graffitis.

« Une attention particulière a été accordée aux environs de l’école [d’Issawiya], où les policiers municipaux ont délimité les trottoirs et les passages cloutés, et enlevé les objets dangereux de la zone pour assurer la sécurité des élèves qui vont à l’école », a dit la police.

Il n’a pas été précisé quand la ville avait pour la dernière fois enlevé les ordures d’Issawiya ou effectué des travaux de maintenance dans le quartier. La municipalité n’a pas répondu dans l’immédiat à une demande à ce sujet.

Il n’a pas été précisé pourquoi la police a vérifié les licences des magasins du quartier pendant l’opération matinale et non pendant la journée. La police n’a pas répondu à une demande d’explication à ce sujet.

Les 51 personnes arrêtées sont soupçonnées d’avoir participé à des manifestations violentes et à des émeutes, où ont eu lieu des jets de pierre et de cocktails Molotov sur des véhicules de la police, sur la base de « preuves et d’informations sur leur participation », a dit la police.

Affrontements entre les forces de sécurité israéliennes et Palestiniens dans le quartier d'Issawiya de Jérusalem Est, le 4 octobre 2015. Illustration. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Affrontements entre les forces de sécurité israéliennes et Palestiniens dans le quartier d’Issawiya de Jérusalem Est, le 4 octobre 2015. Illustration. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Les suspects ont été emmenés dans des commissariats de la ville pour être interrogés et devaient être présentés lundi à un juge qui se prononcera sur leur maintien en détention, a précisé la police.

Issawiya est un quartier régulièrement agité par des violences entre jeunes Palestiniens protestant contre la présence israélienne et les policiers israéliens, comme ce fut le cas en juillet lors d’une période de vives tensions autour du mont du Temple.

L’AFP a contribué à cet article.