La police de Johannesburg indique qu’elle a arrêté 57 personnes lors d’une manifestation anti-Israël devant le magasin Woolworths samedi.

« Ils sont allés au Woolies [surnom donné à la boutique Woolworths] et ont commencé à gêner les clients dans le magasin », précise l’agent de police Thabo Malatji à l’Agence de presse sud-africaine. Il ajoute que les manifestants ont été accusés de troubles à l’ordre public.

L’organisatrice de la manifestation, Tasneem Essop, affirme que la manifestation était complètement pacifique.

Woolworths, pour sa part, explique que sa direction a appelé la police par mesure de précaution car elle craignait pour la sécurité de ses clients.

« Nous n’avons eu pas d’autre choix que de contacter les autorités locales quand la sécurité de nos clients et de nos employés a été menacée », indique Woolworths dans une déclaration.

« La police a surveillé les manifestations d’aujourd’hui et a pris les mesures nécessaires lorsqu’elle a eu le sentiment que les manifestants violaient la loi. Woolworth n’a arrêté aucun manifestant et n’a déposé aucune plainte contre eux ».

Boycott, Divest et Sanctions (BDS) ont pris leur distance par rapport à l’incident de la semaine dernière, où les membres de la branche du Cap Occidental du Congrès des étudiants d’Afrique du Sud (COSAS) ont placé une tête de cochon dans un magasin Woolworths.

« BDS n’est pas du tout concerné ou impliqué [dans cet incident] », précise un membre du BDS, Sumaya Omar, à IOL News.

Le mouvement Boycott, Divest et Sanctions a organisé plus de 40 manifestations dans les magasins Woolworths du pays ces dernières semaines.

Ils exigent que le magasin arrête de vendre des produits israéliens. Woolworths, pour sa part, indique qu’il envisagerait de poursuivre le mouvement de lobbying devant une cour, au motif que les manifestants ont menacé leurs employés et clients.

On ne sait pas si ces manifestations ont eu une incidence sur les chiffres des ventes.

Le mouvement BDS sud-africain compte continuer à mettre la pression sur la compagnie, Woolworths Holdings Limited, jusqu’à son assemblée générale annuelle le 26 novembre.

Les responsables des magasins Woolworths expriment leur incompréhension face à cet acharnement du mouvement BDS. Ils expliquent : « plus de 95 % de leur nourriture proviennent de source locale [et] le gouvernement autorise le commerce avec Israël ».

Le militant BDS, Mohammed Desai, a précisé au journal sud-africain The Times que le mouvement est conscient que d’autres compagnies ont des liens commerciaux avec Israël, mais il ajoute : « pour le moment, Woolworths est notre cible. Ils font une grave erreur en nous ignorant et si nous nous attaquions à tous les détaillants, notre campagne serait affaiblie ».

En Afrique du Sud, le BDS a reçu le soutien de la Ligue des jeunes du Congrès national africain et The Times indique que le mouvement a fait du lobbying auprès de supporters influents du Congrès national africain pour qu’ils mettent la pression sur l’un des plus grands actionnaires de Woolworths, le Government Employees Pension Fund [le Fonds de pension des employés du gouvernement], qui détient 17,2 % d’actions.

Woolworths, l’une des plus grandes compagnies d’Afrique du Sud, n’a aucun lien avec la chaîne F. W. Woolworth Compagny.