Les forces de sécurité de Gaza s’entraînent au tir avec des fusils munis de laser au lieu de balles. Pour les autorités du Hamas, au pouvoir dans l’enclave palestinienne, ce progrès technologique offre avant tout l’intérêt d’économiser les munitions.

A tour de rôle, quatre officiers en uniforme tirent sur les cibles disposées en face d’eux dans le gymnase de 21 mètres sur 7 avec des Kalachnikov modifiées pour y fixer un laser et reliées à un ordinateur dans la salle de contrôle, sous la supervision d’un instructeur.

« Le champ de tir électronique présente de grands avantages. C’est un bond en avant dans la formation du ministère de l’Intérieur qui épargnera beaucoup de munitions, d’argent et de travail », se félicite le colonel Mohammad al-Nakhala directeur de la formation au sein de la Sécurité nationale.

Le commandant Mahmoud Choubaki, directeur de la formation au ministère de l’Intérieur, précise que « dans le champ de tir électronique, il est possible de tirer des dizaines de munitions avant de faire mouche, alors que sur un vrai champ de tir, nous sommes limités par le nombre de balles ».

« Nous avons modifié quatre Kalachnikov de manière à ce qu’elles soient adaptées à ce genre de tirs », explique le commandant Choubaki.

« Nous avons ajouté un système de pompe à air de façon à simuler la force du recul de l’arme », précise-t-il, ajoutant que les quatre fusils d’assaut modifiés fonctionnaient à l’électricité.

Une session d’entraînement au tir classique coûte 20 000 dollars par unité, contre moins de 1 000 dollars grâce à ces simulateurs, précise cet officier de 32 ans, qui a reçu une formation militaire en Algérie.

Indépendamment de ces considérations, un des participants, Mohammad Ghanem, estime que ce type d’entraînement « améliore le moral, parce que notre formation ressemble ainsi à celle des grandes armées du monde ».

Son camarade Omar al-Halabi, un lieutenant de 32 ans, confie préférer « l’ambiance de l’entraînement avec des balles réelles », car le tir électronique lui « donne l’impression d’être un jeu vidéo », mais il assure que le résultat est le même.

Les autorités du Hamas traversent une grave crise budgétaire à cause de la destruction de plus d’un millier de tunnels de contrebande sous la frontière par l’armée égyptienne à la suite de la destitution le 3 juillet du président Mohamed Morsi.

Ces tunnels approvisionnaient le territoire palestinien en produits alimentaires, carburant et matériaux de construction, et les groupes armés en équipements militaires, atténuant l’impact du blocus imposé par Israël depuis 2006.

Le gouvernement du Hamas peine à présent à payer ses 51 000 fonctionnaires et les coupes n’épargnent désormais plus les forces de sécurité, pourtant choyées par le mouvement islamiste.

Les responsables du Hamas et les membres des forces de sécurité, jusqu’alors défrayés intégralement de leurs factures d’essence, doivent dorénavant en acquitter 50 %, selon des sources de sécurité.

Et les policiers se déplacent de plus en plus à moto au lieu de voitures, en raison de la pénurie de carburant.