La police a recommandé mercredi que le directeur d’un conseil régional du centre d’Israël soit inculpé pour plusieurs crimes graves, et notamment pour viol et corruption.

Les enquêteurs pensent qu’il existe des preuves suffisantes pour poursuivre Moshe Dadon, qui dirige le Conseil régional de Mateh Yehuda, et son frère Aviv pour plusieurs agressions sexuelles présumées et pour corruption dans un scandale d’appels d’offres de construction.

Selon le site d’informations Ynet, Dadon est suspecté d’une série de crimes : agressions sexuelles, blanchiment d’argent, obstruction à la justice, abus de pouvoir, fraude, abus de confiance et acceptation de pots-de-vin.

La police cherche également à faire inculper Gabi Magnezi, un promoteur immobilier, fondateur de la Chambre de commerce israélo-biélorusse et consul honoraire de Biélorussie en Israël, pour corruption dans les mêmes affaires. Magnezi risque aussi d’être inculpé pour fraude et falsification de documents d’entreprise, a annoncé le Calcalist sur son site internet.

Moshe Dadon est accusé d’avoir accepté des pots-de-vin de Magnezi en échange de la promotion de son entreprise de production de tuyaux, a annoncé le Calcalist.

L'homme d'affaires israélien Gabi Magnezi. (Crédit : capture d'écran YouTube)

L’homme d’affaires israélien Gabi Magnezi. (Crédit : capture d’écran YouTube)

Les deux frères Dadon et d’autres responsables du conseil, dont le conseiller juridique de celui-ci, sont également accusés d’avoir accepté des pots-de-vin pour promouvoir la vente d’une usine privée située sur le territoire du conseil, selon le Calcalist.

Les recommandations d’inculpation sont le résultat de ce que la police a décrit comme une « enquête complexe, vaste et très ramifiée » de son unité de lutte contre la corruption Lahav 433, qui comprend la saisie de propriétés et de liquide cachés dans des coffres ou dans des banques.

L’enquête s’est concentrée sur « un système de relations corrompues, au sein duquel le président du conseil et d’autres personnages, dont le conseiller juridique du conseil et d’autres responsables, ont promu les intérêts du promoteur immobilier Gabi Magnezi et l’entreprise publique qu’il possède, en échange de pots-de-vin. »

Les individus impliqués dans l’affaire de l’usine ont été convoqués par le procureur du district de Jérusalem chargé des crimes pénaux pour être entendus, a déclaré la police.

Les autorités fiscales et anti-trust ont également été impliquées dans l’enquête, ainsi qu’une agence de renseignements financiers du ministère de la Justice mis en place pour lutter contre le blanchiment d’argent.

Le siège de Lahav 433, l'unité anti-corruption de la police israélienne, à Lod. Illustration. (Crédit : Flash90)

Le siège de Lahav 433, l’unité anti-corruption de la police israélienne, à Lod. Illustration. (Crédit : Flash90)

Des mois d’enquête sous couverture ont mené il y a exactement un an, le 21 décembre 2015, à l’arrestation de 12 personnes, dont Moshe Dadon, et à la détention de huit autres individus suspectés d’être impliqués dans cette affaire de corruption et de fraude impliquant des promoteurs immobiliers et des fournisseurs.

Il a été interdit à Dadon de diriger le conseil et d’entrer dans ses locaux.

A l’époque, le bureau des procureurs de Tel Aviv avait mis en garde les ministères et les entreprises liés aux projets de Magnezi. Il avait même inclus des témoignages avec les lettres envoyées, que Magnezi avait réfutés.