La police enquêterait sur David Bitan, député du Likud et président de la coalition, puissant allié du Premier ministre Benjamin Netanyahu. Bitan est soupçonné d’avoir accepté des pots-de-vin avant d’entrer à la Knesset.

Ces derniers mois, l’unité nationale d’enquête sur la fraude de la police a rassemblé des preuves des malversations de Bitan pendant son mandat de conseiller municipal de Rishon Lezion, entre 2005 et 2015, a annoncé mardi le quotidien Haaretz.

Bitan a rejeté cette affirmation et déclaré qu’il avait « les mains propres ».

Entre 2008 et 2010, puis en 2013, Bitan a dirigé le comité de planification et de construction de la ville. Parallèlement, il aurait accumulé d’importantes dettes avec des prêts passés sur le marché gris, disant à ses amis à l’époque qu’il devait plus de sept millions de shekels. Une partie de son salaire avait été gelée et des procédures juridiques à son encontre avaient été lancées, selon le quotidien.

Il y a un an, le quotidien économique The Marker avait indiqué qu’un fonctionnaire de la ville de Rishon Lezion avait déclaré que Bitan avait disparu pendant un moment pour échapper à ses créditeurs.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président de la coalition David Bitan lors d'une réunion du groupe parlementaire du Likud à la Knesset, le 30 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président de la coalition David Bitan lors d’une réunion du groupe parlementaire du Likud à la Knesset, le 30 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Un jour, deux voyous sont venus au bureau, et d’un regard, vous saviez à quel genre d’individus vous aviez affaire, avait dit le fonctionnaire. Ils ont immédiatement commencé à crier ‘où est David Bitan ?’. Je leur ai répondu, ‘écoutez, je le cherche autant que vous’. »

On ne sait pas comment Bitan a finalement réussi à payer ses dettes. En 2010, il avait été obligé de démissionner du comité de construction après l’ouverture d’une enquête criminelle sur lui. Finalement, le bureau du procureur du district du centre avait décidé de fermer l’affaire.

Bitan serait notamment soupçonné d’avoir accepté de l’argent de promoteurs pour couvrir ses prêts en échange de décisions favorables du comité de planification et de construction, selon Haaretz.

Bita, militant du Likud depuis des années, a été nommé président de la coalition peu après son entrée à la Knesset en 2015. Alors qu’il n’avait jamais été député auparavant, il s’est rapidement fait un nom en tant que président de la coalition, gagnant le surnom de « bulldozer » pour son application brutale de l’agenda législatif du gouvernement.

Il est considéré comme l’un des plus proches alliés et soutiens de Netanyahu, et promeut en ce moment un projet de loi qui accorderait l’immunité pénale au Premier ministre en exercice.

Bitan a déclaré que l’article sur l’enquête n’était « pas une coïncidence », et constituait une « tentative pour [l]’affaiblir. »

David Bitan, député du Likud et président de la coalition, à la Knesset, le 5 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

David Bitan, député du Likud et président de la coalition, à la Knesset, le 5 décembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Cette chasse aux sorcières méprisable de Haaretz contre les personnes de droite, et contre quiconque ne pense pas comme [le quotidien] a atteint un nouveau record ce matin », a-t-il déclaré dans un communiqué.

« Le fossé entre les questions qui m’ont été envoyées et l’information recyclée qui a été publiée parle de lui-même. Depuis longtemps, le journal recycle de vieilles histoires qui ont fait l’objet d’enquêtes par les forces de l’ordre et ont été closes », a-t-il ajouté.

« J’ai été, pendant 28 ans, membre du conseil municipal [de Rishon Lezion] et j’ai pris des milliers de décisions, à la fois pour et contre les gens. Cela fait partie du service public. Cette tentative d’intimidation ne fonctionnera pas. J’ai les mains propres », a-t-il conclu.

L’enquête a été autorisée par le procureur général, Avichai Mandelblit, et le procureur de l’Etat, Shai Nitzan, selon l’article. La police a refusé de confirmer si elle enquêtait ou non sur Bitan.

Yuli Edelstein, le président de la Knesset, n’a pas été informé d’une enquête par la police, a indiqué son porte-parole au Times of Israël. La police ne doit informer le président de l’assemblée d’une enquête sur un député qu’en cas d’enquête pénale complète, et non en cas d’enquête préliminaire.