La police se penche sur des rapports décrivant qu’un adolescent juif s’est fait taser par un gang de jeunes en plein centre de Paris.

Le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, ou BNVCA, a déclaré qu’il avait pris contact avec la police sur la base de rapports dans les médias juifs français de l’agression alléguée, qui, selon le site d’information Alliancefr.com serait survenue mardi sur la place emblématique de Paris : République.

Selon le rapport, un groupe de six adolescents noirs ont utilisé un Taser électrique sur un garçon juif identifié par Alliancefr.com uniquement par son prénom, Raphaël. Il portait une kippa et des tsitsit [« franges » au coin des vêtements] et a été attaqué à cause de son apparence juive dans ce qui semble être une attaque antisémite.

Un passant est intervenu et la bande a quitté les lieux avant que la police ne puisse les appréhender, selon le site. Un des membres du gang était armé d’un club.

Les faits ont été révélés alors que la région parisienne connait une série d’incidents antisémites, dont deux lynchages à Créteil le mois dernier et un incident similaire à Sarcelles en Seine St-Denis.

Lundi, des étoiles de David ont été peintes à la bombe sur plusieurs maisons appartenant à des Juifs à Gradignan près de Bordeaux dans le sud-ouest de la France, selon le site d’information alyaexpress-news.com.

« Les incidents antisémites sont des incidents quasi-quotidiens en France », a déclaré le président du BNVCA Sammy Ghozlan au JTA.
« Ils sont de plus en plus fréquents, avant les cibles étaient des synagogues, il y a maintenant plus d’agressions physiques sur les personnes : des jeunes Juifs religieux ».

Ghozlan a noté que la série d’incidents pourrait être une résurgence de la violence antisémite dans le sillage de l’assassinat des quatre personnes le 24 mai au Musée juif de Bruxelles. Les autorités belges et françaises soupçonnent le tireur d’être un djihadiste de 29 ans.

« Après chaque acte majeur de violence commis récemment, nous avons ressenti une augmentation des attaques, y compris après celle de Toulouse en 2012 », a déclaré Ghozlan en référence à l’assassinat de trois enfants et d’un rabbin dans une école juive par le musulman radical Mohamed Merah.

« Malheureusement, ces meurtres inspirent les admirateurs de ces assassins qui imitent leurs actions ».

Alors que les nationalistes d’extrême-droite comme Jean-Marie Le Pen
« génèrent certainement un discours de haine antisémite, la grande majorité des attaques physiques sont commises par des musulmans », a déclaré Ghozlan.

La SPCJ, l’unité des communautés juives de France en matière de sécurité, a enregistré une série de 90 actes antisémites dans les dix jours qui ont suivi les meurtres du 19 mars à Toulouse – qui font partie de l’augmentation de 58 % des incidents antisémites en 2012 par rapport à 2011.