AMSTERDAM – La police hollandaise a arrêté plusieurs suspects en lien avec un projet terroriste visant à attaquer une synagogue de la capitale du pays il y a un an, a révélé un quotidien local.

Le principal suspect du réseau, qui est lié à la mosquée sunnite Arrayan d’Amsterdam, est un homme d’une quarantaine d’années d’origine marocaine, qui porte un bouc et a le front dégarni. Il possède une connaissance considérable des textes islamiques et conduit une Audi blanche, selon un document de la police obtenu le mois dernier par le quotidien Telegraaf.

L’unité de contre-terrorisme de la police hollandaise surveillait le suspect depuis un mois en raison de son rôle dans un projet d’attaquer, avec des complices, une synagogue du sud d’Amsterdam en janvier dernier, selon le Telegraaf.

L’article a annoncé que le suspect se présentait sous le nom d’ « Abdelhakim ». Plusieurs musulmans ont été arrêtés car ils sont soupçonnés d’être impliqués dans le projet présumé.

Deux députés hollandais de droite, Louis Bontes et Joram van Klaveren, ont demandé la semaine dernière au ministère de la Justice quelles étaient les mesures prises pour protéger les juifs hollandais.

D’autre part, vendredi, le quotidien hollandais Volkskrant a annoncé que l’agence de renseignements intérieurs du pays, le Service de sécurité et des renseignements généraux, avait espionné en 2009 et 2010 le politicien d’extrême-droite Geert Wilders en raison de ses contacts en Israël et pour connaître la mesure de leur influence sur lui.

Le député néerlandais d'extrême-droite Geert Wilders au parlement à La Haye, le 18 décembre 2014. (Crédit : Evert-Jan Daniels/ANP/AFP)

Le député néerlandais d’extrême-droite Geert Wilders au parlement à La Haye, le 18 décembre 2014. (Crédit : Evert-Jan Daniels/ANP/AFP)

Les médias hollandais suggèrent depuis des années que Wilders, populiste islamophobe et fervent défenseur d’Israël, dont l’épouse serait juive selon certains articles, est payé par Israël ou des groupes pro-israéliens. En 2012, Volkskrant avait publié une caricature jugée antisémite par certains, montrant Wilders recevant une liasse de billets par le trou d’un mur, et disant « poliment merci » en hébreu.

Selon Volkskrant, les agents du contre-espionnage ont interrogé 37 personnes en lien avec l’enquête sur les relations de Wilders à Israël, ce qui est très inhabituel pour le service de sécurité, car cela implique un homme politique.

Il existait « de sérieuses questions sur la loyauté de Wilders et une possible influence israélienne sur lui », selon Volkskrant, un quotidien de gauche dont la ligne éditoriale est anti-Wilders et très critique d’Israël.

L’article sur le complot terroriste présumé des membres de la mosquée Arrayan a été publié en plein débat sur le remplacement de la protection policière permanente devant certaines synagogues d’Amsterdam par un système de vidéosurveillance peu coûteux, qui est préféré par la municipalité. La communauté juive des Pays-Bas s’oppose à ce projet en raison d’un risque important.

L’attaque aurait été prévue par le suspect principal et par au moins deux complices, qui n’ont été identifiés dans les documents de la police que par les noms d’Izzy et Ibo. Elle s’inscrirait dans un complot terroriste plus important qui aurait été prévu pour le dernier jour de 2015, a annoncé le Telegraaf sur la base du document qui a été divulgué.