La police a menacé un groupe de touristes israéliens de prison s’ils priaient où que ce soit dans le pays, a déclaré un responsable israélien lundi.

Les touristes étaient en Jordanie pour effectuer un pèlerinage sur la tombe d’Aaron, le grand prêtre dans la Bible, et frère de Moïse. Selon la tradition, il est enterré sur le mont Hor, près de Petra, sur un site connu sous le nom de Jabal Haroun.

« Il a semblé qu’ils ne soient pas autorisés à [montrer] de symboles religieux] », a déclaré Emmanuel Nahshon, porte-parole du ministère des Affaires étrangères au Times of Israël. Il a indiqué que l’incident a eu lieu dimanche ou lundi.

L’un des touristes, le rabbin Menashe Zelicha de Bnei Brak, a affirmé que les policiers ont dit au groupe qu’il « est interdit aux Juifs de prier, partout en Jordanie ».

« Nous n’avons pas le droit de prier le matin, pas de tefilin (phylactères), pas de châles de prières, rien – nous ne pouvons pas prier, même pas dans notre chambre d’hôtel », a confié Zelicha à la station de radio Kol ‘Hai.

« Les policiers sont venus à l’hôtel et ont commencé à crier et à s’exciter, disant qu’ils nous expulseraient de Jordanie en une minute si nous faisions le moindre geste. Ils nous ont dit ’celui qui prie sera emmené en prison’. »

Zelicha a ajouté que quand son groupe a passé la frontière, les autorités ont « commencé à fouiller la valise et à tout vérifier. Ils ont refusé de nous laisser emporter des livres. Ils ont enlevé les châles de prière, les tefilin, ils ont retiré les tzitzit d’une personne. »

« Un homme avait une brochure d’un examen de conduite, ils l’ont pris. Ils ont retiré les calottes. Les gens n’avaient plus que leur pantalon et leur chemise. »

Les diplomates israéliens stationnés en Jordanie ont demandé aux touristes « de faire profil bas et d’écouter les instructions de la police », a déclaré Nahshon.

Les Israéliens ont également reçu la recommandation de quitter le pays plus tôt que prévu, étant donné les tensions en Israël et en Cisjordanie suite à l’attentat du 14 juillet sur le mont du Temple, ainsi que l’attaque contre un garde de sécurité et la mort de deux Jordaniens à l’ambassade israélienne en Jordanie dimanche.

Les autorités jordaniennes n’ont pas réagi sur ces incidents, mais un diplomate a indiqué qu’il n’était pas inhabituel que les responsables jordaniens conseillent aux pèlerins juifs de faire profil bas. Des Israéliens s’étaient déjà plaints que les gardes-frontières les empêchaient d’entrer dans le pays avec des châles de prière.

Les forces jordaniennes de sécurité montent la garde aux abords de l'ambassade israélienne à Amman suite à un 'incident', le 23 juillet 2017 (Crédit : JKhalil Mazraawi/AFP PHOTO)

Les forces jordaniennes de sécurité montent la garde aux abords de l’ambassade israélienne à Amman suite à un ‘incident’, le 23 juillet 2017 (Crédit : JKhalil Mazraawi/AFP PHOTO)

Dimanche, un agent de sécurité qui travaille à l’ambassade israélienne à Amman a été attaqué par un employé jordanien. Il a tué son assaillant de 19 ans, un geste qualifié de légitime défense par les responsables israéliens. Il a également blessé un autre Jordanien, qui a succombé à ses blessures.

L’homme bénéficie de l’immunité diplomatique telle que définie par la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et ne risquerait pas une arrestation, a fait savoir le ministère des Affaires étrangères israélien dans le communiqué paru lundi matin.

Cependant, les autorités diplomatiques jordaniennes empêcheraient l’homme de quitter le territoire, et souhaiteraient l’interroger sur cet incident. Les membres de la famille ont déclaré lundi que le jeune n’avait commis aucune agression et qu’il avait été tué de sang-froid. L’un d’entre eux a déclaré à la télévision jordanienne que « nous suivrons l’enquête aux côtés des dirigeants du gouvernement jusqu’à ce qu’on nous rende justice et que ce criminel soit mis à mort ».

Le second homme a été identifié, il s’agit de Bashar Hamarneh.

Selon la Deuxième chaîne, le garde de sécurité et ses collègues sont enfermés à l’intérieur de l’ambassade israélienne.

Avant l’attaque de dimanche à l’ambassade israélienne en Jordanie, les relations bilatérales étaient déjà tendues. En effet, la Jordanie a vivement critiqué l’installation de détecteurs de métaux à l’entrée du mont du Temple par Israël, après l’assassinat de deux policiers israéliens le juillet sur le lieu saint.

La Jordanie, qui joue un rôle important dans l’administration des lieux de culte musulmans sur le mont du Temple, s’est fermement opposée aux nouvelles mesures de sécurité israéliennes.

Des négociations entre Israël et la Jordanie seraient actuellement en cours pour tenter de désamorcer la crise.