La police israélienne interrogeait jeudi le Premier ministre Benjamin Netanyahu pour la deuxième fois en une semaine sur des cadeaux qu’il est soupçonné d’avoir reçus illégalement de la part de riches hommes d’affaires, ont rapporté les médias israéliens.

La police a refusé de confirmer ces informations.

Plusieurs médias ont indiqué que les enquêteurs étaient arrivés dans l’après-midi à la résidence du Premier ministre dans le centre de Jérusalem pour un deuxième interrogatoire après celui de lundi, qui avait duré environ trois heures.

L’enquête porte sur des cadeaux que M. Netanyahu est soupçonné d’avoir reçu de la part d’hommes d’affaires, avait dit le ministère de la Justice lundi sans plus de précision. La valeur totale de ces cadeaux a été chiffrée par les médias à des dizaines de milliers de dollars.

Les médias ont également fait état d’un deuxième dossier ouvert sur des soupçons plus graves de corruption, mais sans donner plus de détails.

Ces investigations ont soulevé des interrogations sur la possibilité que M. Netanyahu, sans rival apparent sur la scène politique, puisse être inculpé et poussé à la démission.

Netanyahu a été soupçonné à plusieurs reprises par le passé, sans être inquiété.

La justice israélienne peut avoir la main lourde contre les plus hauts dirigeants. Le prédécesseur de M. Netanyahu, Ehud Olmert, est devenu en février 2016 le premier ancien chef de gouvernement incarcéré. Il purge une peine de 19 mois pour avoir touché des pots-de-vin.

L'ancien Premier ministre Ehud Olmert quitte la Cour suprême à Jérusalem après que le tribunal ait accepté à sa demande de reporter de sa peine de prison  le 8 juillet 2015  (Crédit photo: Hadas Parush / Flash90)

L’ancien Premier ministre Ehud Olmert quitte la Cour suprême à Jérusalem après que le tribunal ait accepté à sa demande de reporter de sa peine de prison le 8 juillet 2015 (Crédit photo: Hadas Parush / Flash90)

Les soupçons de corruption pesant contre lui l’avaient contraint à renoncer à se présenter aux primaires de son parti Kadima et à quitter la tête du gouvernement, ouvrant la voie à Benjamin Netanyahu.

Quand un Premier ministre est inculpé, il n’est tenu de démissionner qu’une fois épuisés tous les recours contre son inculpation, a indiqué à l’AFP l’expert Ofer Kenig, de l’Israel Democracy Institute.

La loi permet cependant au Parlement d’engager une procédure spéciale contre le Premier ministre après l’inculpation et avant l’épuisement des recours si le chef du gouvernement est mis en cause pour turpitude morale, a-t-il dit.