La police israélienne a annoncé dimanche qu’elle possédait suffisamment de preuves pour faire juger un ancien directeur de cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour crimes sexuels, et a recommandé qu’il soit poursuivi.

Gil Sheffer, qui a occupé le poste au sein du bureau du Premier ministre de mai 2012 à juillet 2013, avait été cité début décembre comme suspect dans une affaire impliquant des accusations d’agression sexuelle, après avoir été interrogé et assigné à une résidence surveillée pour cinq jours, après une enquête d’un mois.

La femme qui a accusé Sheffer d’agression avait porté plainte en octobre, affirmant que l’ancien responsable de 47 ans l’avait enfermée dans un appartement contre sa volonté, et avait tenté de l’embrasser de force après leur rencontre pendant une conférence.

La plaignante a déclaré que Sheffer avait proposé de la raccompagner chez elle, dans la ville où ils habitent tous les deux. Pendant le trajet, il se serait assis à côté d’elle, sur la banquette arrière, et l’aurait touchée contre sa volonté. Il l’aurait ensuite emmenée dans un appartement où il y avait d’autres hommes, l’aurait forcée à se donner en spectacle devant eux, et essayé de l’embrasser contre sa volonté.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ancien directeur de cabinet, Gil Sheffer, lors du pot de départ de Sheffer, au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 9 mars 2014. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ancien directeur de cabinet, Gil Sheffer, lors du pot de départ de Sheffer, au bureau du Premier ministre à Jérusalem, le 9 mars 2014. (Crédit : Kobi Gideon/GPO/Flash90)

Il n’avait pas été précisé si l’agression présumée avait eu lieu alors que Sheffer était le directeur de cabinet de Netanyahu.

Dimanche, la police israélienne a annoncé que son enquête avait permis de découvrir des preuves suffisantes pour juger Sheffer pour « actes indécents », ce qui signifie un crime sexuel, mais qu’il n’y avait pas assez de preuve pour l’accuser de séquestration, selon des médias israéliens.

La police a déclaré que toutes les preuves rassemblées pendant l’enquête seront transmises à la cour du district de Tel Aviv, où l’accusation décidera si elle poursuit ou non Sheffer, comme la police l’a recommandé.

Quand cette affaire a été rendue publique en décembre, l’avocat de Sheffer, Gil Friedman, avait déclaré à la Deuxième chaîne que les accusations étaient « infondées », et qu’il serait prouvé qu’elles étaient fausses. « A la fin de l’enquête, il sera évident qu’il n’y a rien d’inapproprié dans les actions de mon client », avait déclaré Friedman.

En 2012, une enquête avait été ouverte sur Sheffer par le procureur général, pour des accusations d’agression sexuelle contre une autre femme il y a quinze ans. L’affaire avait été abandonnée en raison des délais de prescription, même si la femme avait écrit à Netanyahu pour lui demander de ne pas le maintenir à son poste.

Sheffer a quitté son poste en 2013 pour travailler dans le secteur privé, et avait à l’époque démenti que cela soit lié aux accusations à son encontre. Le bureau du Premier ministre avait lui aussi déclaré que cette décision n’était pas liée aux accusations.

Nathan Eshel, former bureau chief for Prime Minister Benjamin Netanyahu (photo credit: Avishag Shaar Yashuv/Flash90)

Nathan Eshel, ancien directeur de cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu, en avril 2012. (Crédit : Avishag Shaar Yashuv/Flash90)

Le scandale avait été un coup supplémentaire porté au bureau du Premier ministre, étant donné que Sheffer avait remplacé Nathan Eshel comme directeur de cabinet, qui avait lui-même dû démissionner en raison d’une enquête pour harcèlement sexuel.

En 2012, Eshel avait démissionné dans le cadre d’un accord judiciaire pour des accusations de comportement indécent. Il avait utilisé une caméra subrepticement placée pour filmer sous la jupe d’une collègue. Il avait également été accusé de lire ses e-mails privés.

Les accusations de harcèlement sexuel contre Sheffer semblent avoir été portées après une enquête séparée sur des irrégularités financières présumées de la résidence officielle du Premier ministre. Sheffer a également été interrogé dans cette affaire.

Sheffer aurait été interrogé par l’unité de lutte contre la corruption Lahav 433 en novembre.