La police d’Israël a accidentellement fait fuiter des informations sensibles jeudi lorsque son avion a diffusé des données de vol lors d’une opération militaire menée en Cisjordanie dans la ville de Naplouse.

Au cours de cette opération nocturne, les forces de sécurité israélienne ont arrêté 29 membres du Hamas, dont certains ont été emprisonnés en Israël par le passé.

L’avion de la police accompagnait le personnel de sécurité, qui incluait des membres de l’armée, de la police et du service de sécurité du Shin Bet, lors du raid assurant un soutien aérien aux hommes au sol.

L’armée a désactivé la fonction de diffusion sur son avion lors de l’opération mais pas la police pour une raison inconnue, a annoncé Haaretz jeudi. Des passionnés d’aviation ont rapidement capté le signal de l’avion qui a continué à émettre pendant toute l’opération.

Des hommes du Hamas, connectés sur divers sites et applications permettant à des particuliers de pister les vols au tour du monde, pouvaient clairement avoir vu l’avion décoller du centre d’Israël à 0h32 précisément, puis tourner autour de Naplouse et du village palestinien d’Asira a-Shmelya.

Ils auraient même pu connaître les missions de l’avion, un petit Cessna. D’anciennes données ont révélé que l’avion de la police était actif lors des manifestations à Tel Aviv, en Cisjordanie et au-dessus de la ville bédouine de Rahat, alors que le signal était accessible au public.

De tels services reposent sur un réseau de centaines de relayeurs dans le monde qui reçoivent et partagent des transpondeurs de Surveillance Dépendante et Automatique d’Emission, fournissant un indicatif, une position GPS, des données de vitesse et d’altitude.

Même si les sites ne fournissent normalement des données que sur les avions civils et les jets d’affaires, les avions militaires sont également équipés de transpondeurs similaires.

La police israélienne n’est pas la première à oublier de couper un signal de vol en dévoilant ainsi des informations sensibles de vol opérationnel.

Lors de raids de 2011 en Libye, un avion canadien impliqué dans la mission était clairement visible sur les sites de traçage.

En août dernier, un avion participant à une opération américaine en Afghanistan qui a conduit à la mort de sept Talibans pouvait être suivi pendant plus de neuf heures.

La police a refusé de commenter.