La Pologne a autorisé à nouveau mercredi l’abattage rituel, banni depuis près de deux ans, la Cour constitutionnelle jugeant que son interdiction n’était pas conforme à la loi fondamentale qui affirme la liberté de religion.

La Cour avait été saisie fin août par la communauté juive de Pologne.

« La garantie constitutionnelle de la liberté de religion s’étend à toutes les activités, pratiques, rites et rituels qui revêtent un caractère religieux. La protection constitutionnelle s’étend aussi à des activités religieuses éloignées des comportements dominants dans un Etat donné, voire impopulaires pour la plus grande partie de la société », a déclaré la juge Maria Gintowt-Jankowicz en présentant la décision.

La Cour a tenu compte du fait que l’abattage rituel est admis dans une nette majorité des pays membres de l’Union européenne, a-t-elle ajouté.

Sur les quatorze juges de la Cour, cinq se sont dissociés de sa décision. La plupart d’entre eux ont souligné en substance qu’elle ouvrait la porte à l’abattage rituel à des fins commerciales, autrement dit pour l’exportation, alors qu’il devrait être limité pour répondre uniquement aux besoins des communautés religieuses présentes en Pologne.

L’interdiction, entrée en vigueur le 1er janvier 2013, était fondée sur une loi nationale sur la protection des animaux, qui interdit l’abattage des animaux sans les étourdir, alors qu’une directive européenne autorise l’abattage rituel, à condition qu’il intervienne dans un abattoir.

Avant l’interdiction, environ 90 000 tonnes de bœuf halal étaient exportées annuellement par la Pologne vers les pays musulmans, surtout la Turquie, et 4 000 tonnes de viande casher vers Israël, pour une valeur totale estimée à entre 250 et 350 millions d’euros par an.