Zehava Galon, présidente du parti Meretz, a démissionné de son siège à la Knesset, annonçant mercredi qu’elle désire consacrer son temps aux prochaines primaires ouvertes de sa formation.

Galon, 61 ans, a informé le président de la Knesset Yuli Edelstein de sa démission et des raisons de sa décision, a précisé son bureau.

Il n’a pas été indiqué si sa décision est la première étape d’un éventuel retrait de la longue vie politique de la députée, ou s’il s’agit d’un effort pour se concentrer sur les primaires internes, alors qu’elle rencontre une vive opposition interne.

Elle a dit à Edelstein qu’elle voulait « dédier les prochains mois à son travail de présidente du Meretz, afin de changer le processus électoral et de mettre en place des primaires ouvertes », indiquait le communiqué.

Les primaires du Meretz sont actuellement un processus en deux étapes, pendant lequel les membres du parti élisent des délégués au comité de direction du parti, qui établit ensuite la liste des candidats à la Knesset. Ces dernières années, la pression s’est renforcée en faveur d’un système plus transparent, qui permettrait aussi aux électeurs du parti qui n’en sont as adhérents d’avoir leur mot à dire. Certains, au sein du parti, espèrent que cela pourrait renforcer la portée de la gauche politique, affaiblie et marginalisée.

Zehava Galon, présidente du Meretz,après l'annonce des résultats des élections législatives, le 17 mars 2015. (Crédit : Ben Kelmer/Flash90)

Zehava Galon, présidente du Meretz,après l’annonce des résultats des élections législatives, le 17 mars 2015. (Crédit : Ben Kelmer/Flash90)

Le 26 octobre, Meretz organisera un vote ouvert à tout le parti pour l’élection des délégués du comité, et Galon prévoirait de présenter son projet de primaires ouvertes pendant une réunion de décembre du nouveau comité, qui devrait aussi approuver une élection pour la tête du parti dans les prochains mois.

Dans une lettre adressée cette semaine aux adhérents du parti, Galon a écrit : « j’aime [être élue à] la Knesset, mais j’aime plus Meretz. Et je sais que si Meretz ne s’ouvre pas, il n’existera plus. La gauche a une base de soutien bien plus large et importante que le nombre de personnes qui vote pour Meretz. Pour réaliser ce potentiel, le Meretz doit changer. Je suis convaincue que ma démission de la Knesset me permettra, en tant que présidente de Meretz, de me concentrer sur l’avancement de l’idée des primaires ouvertes et la transformation de Meretz en grand foyer inclusif pour tous ceux qui croient en nos valeurs. »

Le parti souffrira et se rétrécira si n’injecte pas de « sang neuf » dans ses rangs, a-t-elle ajouté.

Galon a promis que si elle ne parvenait pas à mettre en place des primaires ouvertes, elle quitterait la tête du parti.

Tamar Zandberg, députée du Meretz, à la Knesset, le 24 février 2016. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

Tamar Zandberg, députée du Meretz, à la Knesset, le 24 février 2016. (Crédit :Yonatan Sindel/Flash90)

Des rumeurs internes indiquent que son adversaire le plus redoutable pourrait être Tamar Zandberg, députée du parti et opposante aux primaires ouvertes.

Galon est députée depuis 1999, et a pris la tête du parti en 2012. Le Meretz occupe actuellement cinq sièges à la Knesset.

Galon sera remplacée au parlement par le numéro six de la liste du parti, Mossi Raz, ancien député et actuel secrétaire général de Meretz.

Sa décision a été saluée par ses partisans.

« La mission d’ouvrir les rangs de Meretz à un nouveau public est vital non seulement pour Meretz, mais aussi pour la capacité de toute la gauche israélienne à être attractive et ouverte aux nouveaux électeurs, et à ne pas se laisser devenir un petit club sans avenir », a dit mercredi Issawi Frej, député du parti.

« C’est le défi que nous propose Zehava, et ensemble, nous y répondrons », a-t-il juré.

Issawi Frej, député du Meretz, durant une réunion de la commission des Affaires économiques à la Knesset, à Jérusalem, le 12 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Issawi Frej, député du Meretz, durant une réunion de la commission des Affaires économiques à la Knesset, à Jérusalem, le 12 juillet 2016. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Frej, qui soutient la proposition de primaires ouvertes de Galon, a promis que tous les partisans du plan, dont la députée Michal Rozin, allaient « travailler pour que les primaires ouvertes deviennent une réalité, pour transformer Meretz en parti novateur non seulement dans son idéologie, mais aussi dans sa volonté d’attirer de nouvelles communautés dans le choix de ses dirigeants. »

Galon a également été salué par les opposants à ce projet, qui se sont néanmoins opposés aux raisons de sa démission.

Le député Ilan Gilan, qui préside le groupe parlementaire du parti, a rendu hommage à Galon, « une excellente députée », mais a ajouté que c’était une « honte qu’elle ait décidé de démissionner, et je suis désolé de cette étrange décision. »

En tant que députée, « Zehava a immensément contribué à la lutte contre le trafic d’êtres humains, et pour les droits civiques et humains, et elle manquera au groupe parlementaire du Meretz et à la Knesset, où son travail était plus important que le processus de primaire interne du parti. »

En dehors du parti, les réactions ont été discrètes, à l’exception du controversé député du Likud Oren Hazan, qui a acerbement félicité Galon de sa démission de la Knesset, qui est d’après lui « plus belle » sans elle.

« Zehava, je salue ta décision désirable de finalement démissionner de la Knesset, un développement attendu après l’horreur qui se reflétait dans le miroir que je te tendais. La Knesset est aujourd’hui plus belle », a-t-il dit.