Un groupe représentant les journalistes étrangers travaillant en Israël et dans les territoires palestiniens a condamné mercredi le Hamas pour l’augmentation de ces frais d’enregistrement pour les voitures blindées utilisées par les journalistes couvrant la bande de Gaza.

Dans un reproche sèchement formulé sur les nouvelles mesures « excessives » publié sur son site internet, l’Association de la presse étrangère (APE) a déclaré qu’elle était « profondément perturbée » d’apprendre la hausse des prix.

Dans le passé, les autorités de Gaza appliquaient les mêmes frais pour les voitures blindées que pour d’autres véhicules avec la même taille et le même type de moteur, par exemple 2 100 shekels par an pour un véhicule diesel.

Les fonctionnaires du Hamas confisquent à présent les voitures blindées des organisations de presse étrangère et demandent 4 000 shekels par an.

« En juillet de l’année dernière, des représentants de l’APE ont rencontré les officiels du Hamas à Gaza, y compris le ministre délégué aux Transports, et il a été accepté que les frais usuels de 2 100 shekels soient appliqués, le ministre délégué citant les propres directives légales du ministère des Transports de l’Autorité palestinienne. L’accord n’est pas respecté » est-il écrit dans le communiqué publié sur le site de l’association.

« Nous appelons les autorités du Hamas à respecter leurs propres lois et engagements précédents. Les organisations de presse sont prêtes à payer les frais juridiques pour utiliser des véhicules sur les routes de Gaza, mais ne se soumettront pas aux tarifs excessifs qui apparaissent n’avoir aucune base légale, » a déclaré l’APE.

Formée en 1957 par un groupe de journalistes, l’APE est une association à but non lucratif qui vise à aider les journalistes étrangers à couvrir les informations d’Israël, de l’Autorité palestinienne et de Gaza. Elle dit que son mandat est « de clarifier les problèmes bureaucratiques et de protéger nos intérêts ».

Pendant la guerre Israël – Hamas de 2014, l’APE avait condamné le Hamas pour ses tentatives d’intimidation des journalistes et d’interférer avec la couverture des combats à Gaza.

« L’APE proteste dans les termes les plus forts les méthodes flagrantes, incessantes, brutales et non orthodoxes employées par les autorités du Hamas et leurs représentants contre les journalistes internationaux visitant Gaza le mois dernier, est-il écrit dans le communiqué d’août 2014.

« Les médias internationaux ne sont pas des organisations de défense [d’un groupe en particulier] et ne peuvent pas être empêchés de reporter par des moyens de menace ou de pression, déniant ainsi à leurs lecteurs et spectateurs une représentation objective depuis le terrain. »

En plus de cibler les journalistes à Gaza, l’APE avait déclaré qu’elle était consciente que le Hamas avait également pris des mesures pour interdire les personnels des médias qu’il n’approuvait pas et pour les empêcher de travailler à Gaza.

« L’APE s’oppose avec véhémence à une telle procédure, » disait le communiqué.

L’APE avait affirmé que « dans plusieurs cas, des journalistes étrangers travaillant à Gaza ont été harcelés, menacés ou interrogés sur des articles ou des informations qu’ils avaient rapportés via leurs médias ou via les réseaux sociaux.

Nombre de journalistes travaillant à Gaza ont annoncé que le Hamas utilisait des infrastructures civils pour des moyens militaires, mais ont déclaré qu’ils n’ont pu le faire qu’une fois en-dehors de la bande de Gaza, par crainte de représailles du Hamas.

Un reportage de la chaîne indienne NDTV début août 2014 sur l’assemblage et les tirs de roquettes du Hamas près d’un hôtel utilisé par les journalistes a été diffusé quelques heures après le départ du journaliste de Gaza, parce que « le Hamas n’a pas pris très agréablement tout reportage sur ses tirs de roquette, » a-t-il écrit.

Une semaine après la plainte de l’APE, une porte-parole du Hamas avait déclaré à la télévision libanaise que le groupe terroriste avait contacté ceux dont le travail était « immoral » et les a fait changer « d’une manière ou d’une autre », et a également expulsé les journalistes qui cherchaient à « filmer les endroits d’où les missiles étaient tirés. »