Après la révolution robotique de ces dernières années – dans laquelle les machines ont envahi une grande partie de la main-d’œuvre humaine – une nouvelle vague de robots devrait s’en prendre aux professions plus « intelligentes », selon de nombreux experts.

Les avocats, comptables – et même les barmans – ne sont pas à l’abri d’être remplacés par une machine.

Pour les professionnels de cette dernière catégorie, l’avenir est maintenant, avec l’élaboration par un groupe d’étudiants du Technion d’un barman robotique informatisé, capable de mixer des boissons en utilisant des recettes précises, avec juste le bon zeste de citron ou de lime pour satisfaire tous les goûts.

RoboDrink ne peut, cependant, écouter les reproches ou les déboires des piliers de bar, à la façon d’un « réel » barman – du moins, pas encore.

La machine RoboDrink a été conçue par Michal Friedman, Yoav Mizrahi et Zorik Gechman, sous la direction du professeur Yossi Gil ; des enseignants tutoriel Boris van Sosin et Marina Minkin ; et du Dr Nir Levy, directeur des relations académiques chez Microsoft. RoboDrink utilise la plateforme open-source Arduino.

Un peu comme une machine automatique de boissons mixtes, RoboDrink, dans sa forme de base, détient huit bouteilles, autant d’ingrédients pour des dizaines de cocktails, martinis et autres boissons mélangées, selon Friedman.

« Nous l’avons programmé pour mixer des boissons en utilisant des combinaisons de trois bouteilles de jus et cinq boissons alcoolisées. Les utilisateurs choisissent un cocktail dans le menu de l’application que nous avons développée. Quand un verre est commandé, le robot prépare la boisson en quelques secondes, selon une recette précise. »

Friedman ajoute que les préférences personnelles, comme une boisson avec glaçons, un extra-gin ou, dans le style de James Bond, une boisson secouée – non agitée – sont prises en compte.

« Nous avons tout construit à partir de zéro », explique Gechman.

« Ceci est un projet qui combine à la fois le hardware et le software. Nous avons réuni les composants électroniques et construit les circuits électriques. Nous avons écrit le logiciel pour un processeur Arduino et développé une application qui communique avec le robot via Bluetooth, selon des recettes situées sur le nuage ».

Les systèmes Arduino sont essentiellement des kits « do-it-yourself » que les bricoleurs peuvent créer et programmer pour une grande variété d’objectifs. Ils ne sont pas considérés comme particulièrement sophistiqués, faisant de RoboDrink le premier prototype d’un barman robotique.

Toutefois, le grand avantage de la plateforme est qu’elle peut inclure de nombreuses autres technologies – comme une entrée vocale. Cela signifie que les futures itérations de RoboDrink pourraient permettre aux clients de commander des boissons directement au robot, au lieu d’avoir à saisir leur sélection à partir d’un menu.

Les concepteurs ne disent pas s’ils comptent ajouter à leur système l’autre fonction importante des barmans – celle d’oreille pour les clients qui cherchent à partager leurs soucis. Trouver comment obtenir du robot une boisson parfaite fut déjà assez difficile, a déclaré Mizrahi.

Il explique : « Nous avons travaillé intensément sur ce projet pendant trois mois. Nous sommes des gens de software, mais pour compléter notre projet, nous avons appris à construire le robot. Nous avons beaucoup lu sur Internet et avons surmonté un grand nombre de défis. »

Avec un apprentissage et des modules d’intelligence artificielle, cependant, transformer RoboDrink en psy de bar n’est pas impossible. Et les barmans, dit Friedman, ne se sentent pas menacés du tout.

« Les barmans que nous avons consultés étaient très enthousiastes et ont adoré l’idée du robot », affirme-t-elle avec enthousiasme. « Ils ont dit qu’ils seraient très heureux d’en installer un dans leurs bars. »