Vendredi, le président américain Barack Obama a estimé que la décision du président Abbas de se réconcilier avec le Hamas, bête noire d’Israël qu’il considère comme un « groupe terroriste », « n’aidait pas ».

Son secrétaire d’Etat, John Kerry, sponsor des négociations de paix qu’il a relancées en juillet 2013, a exhorté jeudi les dirigeants israéliens et palestiniens à faire des compromis.

« Nous n’allons jamais renoncer à nos espoirs et notre engagement à essayer de parvenir à la paix. Nous pensons que c’est la seule voie possible, mais à l’heure actuelle la situation a effectivement atteint un niveau très difficile, et les dirigeants eux-mêmes doivent prendre des décisions », a insisté M. Kerry.

« La menace de la paix s’éloigne », ironise vendredi dans son éditorial le quotidien israélien Yediot Aharonot.

« Incontestablement, ce sera désormais plus facile de faire fi de la date butoir de mardi prochain », le 29 avril, l’échéance fixée par John Kerry pour la fin des négociations, explique l’influent commentateur Nahum Barnéa.

« Abou Mazen (le surnom de Mahmoud Abbas) assure ne voir aucun inconvénient à poursuivre les discussions au-delà de cette date. Israël attend de voir à quoi ressemblera le prochain gouvernement palestinien et les Américains attendent de comprendre, en vain, ce qu’il se passe », résume-t-il.

La « rue palestinienne », elle, demeure pessimiste quant aux chances de réconciliation entre le Fatah nationaliste de M. Abbas et les islamistes du Hamas, censée déboucher d’ici la fin de l’année sur les premières élections législatives depuis 2006.

« Nous sommes habitués à ce que le Fatah et le Hamas ne tiennent pas leurs promesses », a confié vendredi Anouar Taoufik, un restaurateur de Ramallah, fataliste.

La bande de Gaza est contrôlée depuis 2007 par le Hamas tandis que l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas administre les zones autonomes de Cisjordanie.