Le « génocide » arménien, que le pape François a évoqué publiquement dimanche – une première pour un souverain pontife – a été reconnu par une vingtaine de pays, notamment la France, la Suisse, la Russie, le Canada et le Parlement européen (1987).

Jean Paul II avait évoqué le « génocide » dans un document signé en 2001 avec le patriarche arménien et Jorge Bergoglio avait déjà utilisé le terme avant de devenir pape et même au moins une fois en privé depuis. Mais c’est la première fois que le terme est prononcé publiquement par un pape, à l’occasion du centenaire des massacres, dimanche.

La France a été, en janvier 2001, le premier grand pays européen à reconnaître le génocide arménien. Plusieurs pays pénalisent sa négation, notamment la Suisse (un négationniste a été condamné par le tribunal fédéral suisse en 2007) et la Slovaquie, en 2011.

Toutefois, en décembre 2013, dans un arrêt de première instance réexaminé actuellement, la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a estimé que poursuivre en justice et condamner une personne pour négation du génocide arménien était une atteinte à la liberté d’expression.

Les massacres et déportations d’Arméniens dans l’Empire ottoman entre 1915 et 1917 ont fait plus de 1,5 million de morts selon l’Arménie.

En avril 2014, Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre turc, a présenté les condoléances de son pays « aux petits-enfants des Arméniens tués en 1915 ». En janvier 2015, le président Erdogan a déclaré que la Turquie était « prête à payer le prix » si elle devait être reconnue coupable, par des historiens indépendants.

Ankara refuse le terme de génocide, et évoque une guerre civile en Anatolie dans laquelle 300 à 500 000 Arméniens et autant de Turcs ont trouvé la mort.

Des affrontements meurtriers avec les Turcs avaient déjà commencé à la fin du XIXe siècle, faisant 200 000 morts entre 1894 et 1909 (sources arméniennes).

En octobre 1914, l’Empire ottoman entre dans la Première Guerre mondiale, aux côtés de l’Allemagne et de l’Autriche-Hongrie.

Le 24 avril 1915, des milliers d’Arméniens soupçonnés de sentiments nationaux hostiles au gouvernement central sont arrêtés. Le 26 mai, une loi spéciale autorise les déportations « pour des raisons de sécurité intérieure ».

La population arménienne d’Anatolie et de Cilicie, appelée « l’ennemi intérieur », est contrainte à l’exil vers les déserts de Mésopotamie. Un grand nombre d’Arméniens sont tués en chemin ou dans des camps.

L’Empire ottoman sera démantelé en 1920, deux ans après la création d’un Etat indépendant arménien en mai 1918.

Le génocide arménien a été reconnu notamment par l’Uruguay (1965), la Douma (chambre basse du Parlement russe) en 1994, le parlement grec (1996), le parlement italien (2001), le Conseil national suisse (chambre basse du parlement, 2003), la Chambre des Communes canadienne (2004), le parlement néerlandais (2004) le Sénat argentin (2005), le parlement suédois (2010), le parlement bolivien (2014).

En mars 2015, une quarantaine de parlementaires américains ont appelé le président Obama à reconnaître le génocide.

En mars 2010, une Commission du Congrès avait voté une résolution non contraignante qualifiant de « génocide » les massacres des Arméniens.

Quelque 3,2 millions d’Arméniens vivent en Arménie et la diaspora est estimée à plus de 8 millions de personnes, principalement en Russie, au Moyen-Orient, au Canada, aux Etats-Unis et en France.