Le ministre palestinien de l’Habitat et des Travaux publics, Moufid al-Hasayneh, a posé mercredi la première pierre pour reconstruire la première maison entièrement démolie lors de l’offensive israélienne de l’été dernier dans la bande de Gaza.

Jusqu’ici, seules des maisons en partie endommagées avaient été réparées et il s’agit de la première opération de reconstruction à proprement parler.

Mais faute de matériaux de construction, le processus de reconstruction des 18 000 habitations totalement ou en grande partie rasées devrait encore durer plusieurs années.

Mercredi matin, M. Hasayneh a posé la première pierre de la maison de la famille Harara dans le quartier symbole de Chajaya, l’un de ceux qui ont été le plus ravagés par la guerre dans la ville de Gaza.

« La marche vers une véritable reconstruction de la bande de Gaza a été entamée et rien ne l’arrêtera », a lancé le ministre devant la presse. « Nous allons voir beaucoup de choses bouger du côté de la reconstruction des maisons entièrement détruites dans les jours à venir », a-t-il promis.

Au-delà de l’obstacle des restrictions, la bande de Gaza pâtit également des promesses non tenues des donateurs internationaux et des querelles intestines palestiniennes.

Le gouvernement d’union, basé à Ramallah et dont M. Hasayneh, l’un des quatre ministres installés à Gaza, fait partie, peine à s’accorder avec le Hamas au pouvoir à Gaza sur les opérations de reconstruction. Le mouvement terroriste l’accuse régulièrement d’abandonner les Gazaouis à leur sort.

« Nous assumons nos responsabilités et nous allons mener la reconstruction de toutes les maisons détruites par l’occupant israélien », a rétorqué mercredi M. Hasayneh, remerciant l’Arabie saoudite, le Qatar, le Koweït, l’Egypte, la Jordanie et la Malaisie pour leurs dons.

L’Egypte, qui tient sa frontière quasiment tout le temps fermée avec la bande de Gaza, a récemment laissé passer deux chargements de plusieurs milliers de tonnes de matériaux de construction, notamment pour des projets de construction de logements menés par le Qatar, grand bâtisseur à Gaza, et allié du Hamas au pouvoir.

L’UNRWA, l’agence de l’ONU en charge des réfugiés palestiniens –plus de trois quarts des Gazaouis– a déjà prévenu n’avoir reçu que les fonds nécessaires à la reconstruction de 200 maisons, alors qu’elle doit en construire 7 000.

Selon les Palestiniens, la reconstruction de la bande de Gaza, dévastée par 50 jours de guerre, coûtera six milliards d’euros et devrait prendre « cinq ans dans l’hypothèse où Israël lèverait totalement le blocus de Gaza ».