La crise diplomatique actuelle entre les Etats-Unis et Israël s’inscrit parmi les plus sérieuses dans les relations entre les deux grands alliés depuis que l’administration Truman a été la première à reconnaître l’Etat d’Israël en 1948.

Le ressentiment personnel entre Barack Obama et Benjamin Netanyahu, étalé sur la place publique au cours des dernières semaines, est sans précédent, estime Jonathan Rynhold, auteur d’un ouvrage récent sur les relations entre les deux pays.

« Je ne crois pas que nous ayons déjà vu une relation aussi mauvaise entre un président (américain) et un Premier ministre (israélien), évidemment cela a des conséquences politiques », dit-il.

Mais les relations entre les deux pays ont déjà connu des (très) bas.

1975 : la crise du Sinaï

L’un des accès de tension les plus forts remonte à 1975, quand les Etats-Unis pressent Israël de se retirer de la péninsule du Sinaï.

Sans accord de paix global avec l’Egypte, Israël refuse. Le président américain Gerald Ford informe le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin que Washington va réévaluer les relations bilatérales.

Les Etats-Unis stoppent leurs livraisons d’armes à Israël, qui acceptera finalement de se désengager progressivement du Sinaï en 1979, avec l’accord de paix avec l’Egypte.

Vue depuis le mont Sinai (Crédit : Daniel Fafard/Wikimedia commons)

Vue depuis le mont Sinai (Crédit : Daniel Fafard/Wikimedia commons)

1985 : l’affaire Pollard

Les relations subissent un coup sévère en 1985 avec l’arrestation de Jonathan Pollard pour espionnage au profit d’Israël.

Pollard, analyste de la marine américaine, est condamné en 1987 à la prison à perpétuité aux Etats-Unis pour avoir transmis à Israël des informations classifiées.

La crise ne se résorbe qu’avec la promesse d’Israël de mettre un terme à toutes ses activités d’espionnage sur le sol américain.

Des manifestants réclament la libération de Jonathan Pollard (Crédit : Nati Shohat/Flash 90)

Des manifestants réclament la libération de Jonathan Pollard (Crédit : Nati Shohat/Flash 90)

1990 : « Quand vous voudrez vraiment la paix, appelez-nous »

La coopération entre l’administration du président George Bush et le Premier ministre Yitzhak Shamir commence de manière abrupte.

Le secrétaire d’Etat de Bush, James Baker, rudoie le partenaire israélien au sujet des conditions qu’Israël pose pour faire la paix avec les Palestiniens.

« Tout le monde là-bas (en Israël) devrait savoir que le numéro de téléphone (de la Maison Blanche), c’est 1-202-456-1414 (…) Quand vous voudrez vraiment la paix, appelez-nous », dit-il.

Yitzhak Shamir, pictured in 1992. (photo credit: Flash90)

Yitzhak Shamir en 1992. (Crédit : Flash90)

2009-2015 : une affaire personnelle entre Obama et Netanyahu

Rapidement, les relations sont délicates. Israël provoque un tollé en 2010 en donnant, en pleine visite du vice-président américain Joe Biden, son autorisation à 1 600 logements à Ramat Shlomo à Jérusalem-Est.

L’échec d’une nouvelle initiative de paix américaine en avril 2014 tend encore les rapports, compliqués par l’absence notoire de sympathie entre MM. Netanyahu et Obama.

En mars 2015, la dégradation se poursuit quand Netanyahu défie la réprobation américaine en allant prononcer un discours sur l’Iran devant le Congrès américain et la mésentente s’aggrave avec la surenchère à laquelle se livre le Premier ministre israélien pour l’emporter aux élections parlementaires.

Benjamin Netanyahu et Barack Obama à Washington en 2014 (Crédit : Flash 90)

Benjamin Netanyahu et Barack Obama à Washington en 2014 (Crédit : Flash 90)