Après un été de récriminations et de discordes diplomatiques, le président américain Barack Obama tiendra sa première réunion en face-à-face à Washington avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu depuis l’effondrement des pourparlers de paix avec les Palestiniens en avril et les 50 jours de guerre à Gaza.

Bien que les deux pays réassurent souvent la profondeur de leur alliance et de leur amitié à toute épreuve, les deux dirigeants sont tristement célèbres pour leur langage corporel de mauvais augure et leurs piques rhétoriques.

Mais dans la perspective de la réunion de mercredi, un tout autre comportement serait à l’ordre du jour, à la lumière des preuves discrètes de soutien échangées les jours précédant les pourparlers.

Vendredi dernier, les Etats-Unis se sont précipités pour défendre Israël à la suite du « discours génocidaire » incendiaire du président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

La porte-parole du Département d’Etat Jen Psaki a publié une sévère condamnation – réaction inhabituelle suite à un discours à l’ONU en général, et en particulier prononcé par un chef décrit par Psaki comme un « ami ».

Moins d’une semaine plus tard, il était temps pour Netanyahu de lever son chapeau à Washington. Dans son discours à l’ONU, Netanyahu a mentionné le leader américain à deux reprises, d’abord notant que, à l’ONU « un grand nombre de pays représentés ici ont à juste titre applaudi le président Obama pour ses actions contre l’EIIL », et plus tard, que « le président Obama mérite beaucoup de reconnaissance pour avoir mené des efforts diplomatiques visant à démanteler la quasi-totalité de la capacité d’armement chimique syrien. »

Si les deux observations aient été faites pour donner un exemple de la façon dont la communauté internationale doit se comporter, respectivement, face au Hamas et à l’Iran, leur ton élogieux contrastait nettement avec le dénigrement d’Abbas devant les efforts de paix américains.

Ces déclarations contrastaient également avec le discours de l’été passé, lorsque Psaki avait déclaré que les Etats-Unis étaient « consternés » par les bombardements israéliens près d’une école de l’UNRWA à Gaza, et que Netanyahu avait enjoint le Secrétaire d’Etat John Kerry et l’ambassadeur américain en Israël Dan Shapiro « de ne pas jamais le critiquer » sur les réactions israéliennes face au Hamas.

Il ne s’agit pas de dire que tout va bien entre Jérusalem et Washington. L’inquiétude grandit au sein des milieux politiques israéliens que les Etats-Unis concèdent à un accord sur le nucléaire avec l’Iran qui ne réponde pas aux exigences d’Israël que l’Iran cesse l’enrichissement d’uranium et démantèle les infrastructures qui donneraient à Téhéran la capacité de prochainement se doter d’une arme nucléaire.

Le prochain round de pourparlers des 5+1 sur le nucléaire iranien aura lieu d’ici près de deux semaines, et les jours précédant l’échéance du 24 novembre pour un accord peuvent être décisifs pour déterminer si une entente sera trouvée et sous quelles conditions.

Netanyahu a clarifié que l’Iran fait partie des principales questions qu’il entend aborder au cours de sa réunion en fin de matinée avec le président.

Sur la liste du Premier ministre également, l’engagement des Etats arabes à ouvrir la voie au renouvellement des négociations de paix israélo-palestiniennes aujourd’hui au point mort, ainsi que l’appel pérenne à la libération de l’espion israélien emprisonné Jonathan Pollard.

La liste des priorités de la Maison-Blanche semble relativement similaire. Elle a souligné mardi soir que « le président souhaite discuter des relations israélo-palestiniennes, y compris la situation à Gaza ; des développements liés à l’Iran ; et de l’effort international de lutte contre l’EIIL.

Sur la même dépêche figurait un bref rappel au fait que « la visite du Premier ministre Netanyahu est une démonstration des liens profonds et durables entre les Etats-Unis et Israël, et [des] concertations sur un éventail de questions régionales. »

En tout état de cause, la visite de Netanyahu à Washington sera probablement brève, en contraste avec les repas organisés en l’honneur du Premier ministre indien, lundi et mardi, Narendra Modi – un autre chef avec lequel l’administration américaine a entretenu une relation distante dans le passé – à l’occasion de sa première visite à Washington.

Le dernier séjour de Netanyahu, en mars dernier, s’est conclu par la diffusion d’une interview d’Obama considérablement critique des politiques du Premier ministre israélien.

Ainsi, cette rencontre d’aujourd’hui peut toujours nous réserver des surprises…