Tandis que des politiciens israéliens issus de tout l’échiquier politique ont condamné la résolution anti-implantations adoptée vendredi par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, une ancienne parlementaire travailliste de la Knesset l’a qualifiée dimanche de “victoire pour Israël”.

Dans une interprétation contre-intuitive de la résolution, Einat Wilf, membre de la Knesset entre 2010 et 2013, a affirmé que le texte controversé vient en fait sauvegarder dans la loi internationale le droit d’Israël à Jérusalem-Ouest, rendant plus aisé le déménagement de l’ambassade américaine là-bas.

« La Résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies 2334 est une victoire importante, et non désirée, pour Israël et le sionisme. Le Conseil de Sécurité de l’ONU offre le soutien international et juridique le plus retentissant pour Israël dans le cadre des lignes du cessez-le-feu de 1949, dont fait partie Jérusalem-Ouest », a-t-elle dit dans une déclaration dimanche.

Wilf, née à Jérusalem, a pointé deux sections de la Résolution qui, selon elle, sont déterminantes en ce qui concerne les revendications faites par Israël sur Jérusalem Ouest. Pour l’une, le texte détermine que les implantations israéliennes sur les territoires capturés en 1967, dont Jérusalem-Est, « n’ont aucune validité légale ». La résolution appelle de plus tous les Etats à « faire la distinction, dans leurs opérations concernées, entre le territoire de l’Etat d’Israël et les territoires occupés depuis 1967 ».

La majorité des politiciens et des spécialistes israéliens considèrent ces deux phrases comme étant les plus troublantes de la résolution, car elles semblent inviter au boycott des produits et des populations des implantations.

Mais Wilf, qui a un doctorat en sciences politique obtenu à l’université de Cambridge, a choisi de se focaliser sur l’autre facette de la pièce.

En esquissant une distinction claire entre Israël et les implantations et en déclarant les implantations illégales, le Conseil de Sécurité “clarifie essentiellement la légalité absolue du territoire d’Israël dans les lignes du cessez-le-feu de 1949, dont fait partie Jérusalem-Ouest”, a-t-elle noté.

“Cette résolution peut donner à l’administration Trump le soutien légal international concernant sa politique de relocalisation de l’ambassade américaine à Jérusalem-Ouest”.

La communauté internationale ne reconnaît pas actuellement la souveraineté israélienne à Jérusalem. Israël a conquis la partie orientale de la ville lors de la Guerre des Six Jours de 1967, l’annexant en conséquence et déclarant “Jérusalem unifiée” comme sa capitale, ce qui a mené tous les pays à relocaliser leurs ambassades de Jérusalem dans le secteur de tel Aviv.

Le statut de Jérusalem, affirme la communauté internationale, doit être déterminé par un accord de statut final entre les parties.

Le président élu américain Donald Trump a promis de mettre en oeuvre une législation américaine de 1995 qui stipule le déplacement de l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem.

Les critiques, en particulier parmi les Palestiniens, ont vivement critiqué cette initiative, affirmant qu’elle viendrait prédéterminer l’issue des négociations israélo-palestiniennes.