Les pirates informatiques associés à la Russie qui ont ciblé le parti démocrate pendant les élections américaines auraient également visé le Comité national républicain, mais presque sans rien publier des éléments qu’ils ont pu avoir entre leurs mains, ont déclaré des officiels du gouvernement américain au New York Times vendredi.

L’article a été publié après que des officiels ont déclaré que la CIA pensait que la Russie était activement impliquée dans les élections présidentielles pour aider Donald Trump à remporter la victoire. Le président Barack Obama a ordonné une enquête sur toutes les attaques informatiques qui ont eu lieu pendant les élections de 2016, dans le contexte de préoccupations sur l’implication russe.

Maintenant, des officiels affirment que les démocrates n’ont pas été les seuls visés.

« Nous avons maintenant de forts soupçons qu’ils ont piraté le parti démocrate et le parti républicain, et n’ont, de toute évidence, publié aucun document » de l’organisation républicaine, a déclaré un officiel de haut rang de l’administration au New York Times, en référence aux pirates qui travailleraient pour le gouvernement russe.

L’article ne précisait pas comment de nombreux fichiers des républicains ont été volés, soulignant que, dans certains cas, les enquêteurs n’ont pas eu de vision très claire des événements.

« Il est loin d’être évident que l’intention originelle de la Russie était de soutenir M. Trump ; de nombreux officiels du renseignement et d’anciens officiels de la campagne de Clinton, pensent que la motivation principale des Russes était simplement de perturber la campagne et de saper la confiance dans l’intégrité du vote », a noté le New York Times.

Le président russe Vladimir Poutine pendant une rencontre avec le ministre japonais des Affaires étrangères, à Saint-Pétersbourg, le 2 décembre 2016. (Crédit : Dmitri Lovetsky/Pool/AFP)

Le président russe Vladimir Poutine pendant une rencontre avec le ministre japonais des Affaires étrangères, à Saint-Pétersbourg, le 2 décembre 2016. (Crédit : Dmitri Lovetsky/Pool/AFP)

Les détails sur l’enquête des services de renseignement américains sur l’implication russe ont été publiés, en premier, par le Washington Post, qui a souligné qu’il y avait également des désaccords entre des officiels des renseignements sur des questions non tranchées, y compris le niveau des liens entre les pirates et le gouvernement russe. Les acteurs impliqués se trouvaient à « un pas » du Kremlin, mais n’étaient pas des employés officiels, a affirmé un autre officiel américain.

« Les agences de renseignement n’ont pas d’éléments spécifiques montrant que des officiels au Kremlin auraient ‘dirigé’ les pirates identifiés pour qu’ils transmettent des e-mails de démocrates à WikiLeaks », a annoncé le Washinton Post.

L’équipe de transition de Trump a publié une déclaration rejetant l’affirmation de la CIA, notant que « ce sont les mêmes personnes qui déclaraient que Saddam Hussein avait des armes de destruction massive ».

Dans les mois précédents de l’élection, ce sont principalement des documents du parti démocrate qui ont été rendus accessibles au public. Des agences de renseignement ont conclu que les Russes avaient probablement donné des documents de démocrates à WikiLeaks.

Les républicains ont une autre explication du pourquoi aucun document de leurs réseaux n’a été publié. Au cours des derniers mois, des officiels du parti républicain ont toujours déclaré que leurs réseaux n’avaient pas été compromis, affirmant que seuls les comptes de certains républicains avaient été attaqués. Vendredi, un officiel du comité républicain a déclaré au New York Times qu’il n’avait aucun commentaire.

Le journal a mentionné le député républicain Michael McCaul du Texas, président de la commission de la Sécurité intérieure de la Chambre des Représentants, qui a déclaré sur CNN en septembre que le parti républicain avait été piraté par la Russie, mais qui a ensuite rapidement retiré sa déclaration.

McCaul avait d’abord déclaré au présentateur de CNN Wolf Blitzer qu’ « il est important de noter qu’ils n’ont pas uniquement piraté le parti démocrate, mais aussi le parti républicain ». Il avait ajouté qu’ « en fin de compte, les Russes ont piraté les deux partis au niveau national, et cela nous préoccupe quant à leurs motivations ».

L'ancien secrétaire d'Etat américain Colin Powell et l'ancien chef d'Etat-major Benny Gantz à l'ambassade d'Israël à Washington, le 7 janvier 2015. (Crédit : ministère des Affaires étrangères)

L’ancien secrétaire d’Etat américain Colin Powell et l’ancien chef d’Etat-major Benny Gantz à l’ambassade d’Israël à Washington, le 7 janvier 2015. (Crédit : ministère des Affaires étrangères)

Quelques minutes plus tard, le parti républicain avait publié un communiqué démentant avoir été piraté. McCaul a ensuite déclaré qu’il s’était mal exprimé, mais qu’il était vrai que des « membres du parti républicain » avaient été la cible de pirates russes, tout comme des républicains sans lien avec la campagne, comme l’ancien Secrétaire d’Etat Colin L. Powell.

McCaul avait peut-être en tête une série de plus de 200 e-mails d’officiels et de militants républicains qui sont apparus cette année sur le site DCLeaks.com. Ce site internet a été l’objet de beaucoup plus d’attention pour les documents du parti démocrate qu’il a posté, a noté le New York Times.

Les messages volés aux républicains ont attiré beaucoup moins d’attention car, pour la plupart, ce sont des e-mails de routine d’officiels locaux, de membres du personnel du Congrès et de militants du parti dans plusieurs états.