Le ministère russe de la Défense a démenti mercredi des informations annonçant qu’il était prêt à livrer le système de défense anti-aérien à l’Iran jeudi.

Certains médias russes avaient annoncé que les premières batteries du système S-300 arriveraient dans la République islamique le 18 février, malgré l’opposition occidentale.

Les informations, qui n’étaient pas confirmées, affirmaient que le ministre iranien de la Défense serait présent à la cérémonie de transfert qui devait avoir lieu derrière des portes fermées.

Il y avait aussi des informations selon lesquelles la Russie s’apprêtait à vendre à l’Iran plusieurs Sukhoi Su-30SM, des avions de combats multifonctions, dans le cadre d’un accord d’armement entre les deux pays.

« Le début de la livraison du premier envoi de systèmes de missiles Favorit [S-300] ne peut pas avoir lieu puisque la partie iranienne n’a pas encore payé le prix garanti dans le contrat au 16 février », a déclaré mercredi soir un haut représentant du ministère russe de la Défense à Tass, l’agence de presse de l’Etat russe.

Test du système anti-missiles aériens S-300 par l'armée russe. (Crédit : capture d'écran YouTube/Armée de l'est)

Test du système anti-missiles aériens S-300 par l’armée russe. (Crédit : capture d’écran YouTube/Armée de l’est)

« En conséquence, la présence du ministre iranien de la Défense à Astrakhan à la cérémonie mythique d’envoi des premiers systèmes Favorit à Téhéran est hors de propos », a-t-il ajouté.

La Russie et l’Iran ont signé un contrat pour la livraison de cinq batteries S-300 en 2007. Cependant, à l’automne 2010, le président d’alors de la Russie, Dmitry Medvedev, avait interdit la livraison des systèmes au Téhéran pendant l’escalade des sanctions internationales contre le programme nucléaire iranien. Le contrat, d’une valeur de plus de 800 millions de dollars, a été annulé et les avances payées remboursées à l’Iran.

L’Iran a porté plainte devant la cour d’arbitrage de Genève pour infraction du contrat pour un montant de 4 milliards de dollars. Selon le Premier ministre adjoint Dmitry Rogozin, Moscou a persuadé Téhéran de retirer sa plainte après de « longues et longues négociations ».

Au printemps 2015, le président russe Vladimir Poutine avait levé l’interdiction de livraison des S-300 à Téhéran. Les médias iraniens ont annoncé à de multiples reprises l’arrivée imminente des batteries.