La Russie et l’Egypte se sont mises d’accord pour renforcer leur coopération, dans le domaine militaro-technique comme dans le secteur agroalimentaire, ont annoncé mardi les présidents des deux pays à l’issue d’une rencontre à Sotchi, une station balnéaire russe au bord de la mer Noire.

« Nous sommes en train de livrer des armes à l’Egypte. Et nous nous sommes mis d’accord pour renforcer cette coopération », a déclaré Poutine, cité dans un communiqué du Kremlin.

Selon la presse russe, Moscou et Le Caire négocient notamment la livraison de systèmes de défense antiaérienne russes.

La Russie et l’Egypte se sont également mises d’accord « pour faciliter l’accès des produits égyptiens sur le marché russe », a indiqué le président russe.

« 90 % de nos importations de l’Egypte sont des produits agroalimentaires », a-t-il précisé.

Selon Poutine, l’Egypte « a déjà augmenté de 30 % les livraisons de ces produits et il est prêt à les augmenter prochainement de 30 % de plus ».

Frappée par des sanctions occidentales sans précédent en raison de son rôle présumé dans le conflit en Ukraine, la Russie a interdit la semaine dernière pour un an les importations de produits agroalimentaires en provenance de l’UE et des Etats-Unis et elle cherche actuellement des livraisons alternatives pour équilibrer son marché.

Pour sa part, la Russie va livrer à l’Egypte — « le plus gros importateur de blé russe » selon M. Poutine — entre 5 et 5,5 millions de tonnes de blé d’ici juin 2015, a indiqué le président russe.

Selon les agences de presse russes, il s’agit d’une augmentation de plus de 60% par rapport à l’année dernière.

« Nous étudions actuellement une possibilité de créer une zone de libre-échange » entre l’Egypte et l’Union douanière formée par la Russie, le Bélarus et le Kazakhstan, a ajouté par ailleurs M. Poutine.

La Russie et l’Egypte ont enfin décidé de renforcer leur coopération dans le domaine énergétique.

Au début de la rencontre à Sotchi, le président Abdel Fattah al-Sissi a prôné une « forte coopération » avec la Russie.

Il s’agit de la deuxième visite d’Abdel Fattah al-Sissi en Russie depuis le début de l’année, mais de sa première depuis qu’il a été élu président de l’Egypte fin mai.

En février, il s’était rendu à Moscou en tant que chef de l’armée égyptienne, en réponse à la visite des ministres russes de la Défense et des Affaires étrangères au Caire en novembre dernier.

Peu après la visite d’Abdel Fattah al-Sissi, le quotidien économique russe Vedomosti avait alors annoncé que la Russie et l’Égypte étaient proches de conclure des contrats sur l’achat d’armements d’un montant de plus de 3 milliards de dollars (2,18 milliards d’euros).

« L’Égypte s’intéresse avant tout aux systèmes de défense antiaérienne russes », estime le directeur du Centre d’analyse du commerce mondial d’armes Igor Korotchenko.

« Je pense que la signature des contrats n’est qu’une question de temps (…). Un accord politique dans ce sens a déjà été atteint », a-t-il déclaré à l’AFP.