La Russie et l’Iran, alliés de Damas, et la Turquie, soutien des rebelles syriens, ont montré mardi qu’ils avaient pris la main dans le dossier syrien, appelant à étendre le cessez-le-feu, lors d’une réunion sans les Etats-Unis.

Au terme de discussions tripartites à Moscou entre les ministres russes, turcs et iraniens des Affaires étrangères et de la Défense, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, flanqué de ses homologues, a présenté une « déclaration commune » sur la Syrie.

« Les ministres sont convenus de l’importance d’élargir le régime de cessez-le-feu, de garantir un accès sans obstacle à l’aide humanitaire et la libre circulation des populations sur le territoire syrien », a indiqué M. Lavrov selon des propos retransmis à la télévision.

Les trois pays, qui se réunissaient sans les Américains ou les Européens, ont par ailleurs souligné être prêts à être les « garants » de négociations de paix entre le régime syrien et l’opposition, toujours selon M. Lavrov.

« Nous sommes prêts à contribuer à l’élaboration du projet d’accord, aux pourparlers entre le gouvernement syrien et l’opposition », a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie russe a également assuré que l’évacuation des civils des quartiers rebelles d’Alep serait terminée d’ici « un, deux jours maximum ». Commencée il y a cinq jours à Alep ravagée par des bombardements, « l’évacuation est actuellement en train de se finir », a déclaré M. Lavrov.

« Le format d’aujourd’hui est le plus efficace. Il ne s’agit pas d’une tentative de jeter une ombre sur les efforts de tous nos autres partenaires pour régler la crise syrienne. Je constate seulement un fait », a lancé M. Lavrov alors que les Etats-Unis n’étaient pas conviés aux discussions.

« Nous ne devons pas rejeter le travail qui a été réalisé entre la Russie et les Etats-Unis (…) Nous somme parvenus à des résultats en septembre, mais malheureusement les Américains n’ont pas pu agir comme nous en étions convenus », a-t-il ajouté, en référence à une tentative de trêve russo-américaine en Syrie, qui a finalement échoué au bout d’une semaine.

Cette réunion se tient au lendemain de l’assassinat de l’ambassadeur russe à Ankara, tué par balle par un policier turc qui a affirmé agir pour venger le drame de la ville d’Alep.