La prise de contrôle mercredi du passage de Qouneitra du côté syrien du plateau du Golan accorde aux rebelles islamistes un peu plus d’emprise sur le sud de la Syrie et l’aéroport central du pays à Damas, a déclaré le major général (rés.) Yaakov Amidror, ancien conseiller de sécurité nationale du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

L’établissement d’un lien entre la position des rebelles à Deraa et au passage de Qouneitra sur le plateau du Golan « serait crucial, » a affirmé Amidror lors d’un appel téléphonique mercredi après-midi, car, si les forces islamistes devaient se battre à travers le Djebel el-Druze, elles pourraient « menacer le Damas international, qui mettrait une énorme pression sur le régime ».

Amidror fait remarquer que, d’un point de vue israélien, la prise de contrôle du passage n’a aucune incidence sur le rapport Hezbollah-Assad.

Israël, rappelle-t-il, ne peut s’impliquer dans le conflit en deçà des trois lignes rouges, établies pour dépêcher une intervention israélienne dans le cas de feu transfrontalier, de transfert d’armes stratégiques au Hezbollah et de prolifération d’armes chimiques.

« Nous ne devons pas faire le sale boulot du régime d’Assad », a-t-il affirmé.

L’histoire, conclut Amidror, a prouvé que ces luttes commencent avec les Juifs, mais ne s’arrêtent pas avec eux. « Ils ne se limiteront pas aux frontières d’Israël » dit-il, parlant des extrémistes à Gaza et du plateau du Golan.

L’Occident, « devra les affronter près de chez lui, tôt ou tard ».

« Le Front Al-Nosra et d’autres groupes rebelles ont pris le contrôle du passage de Qouneitra, et de violents combats avec l’armée syrienne font rage dans la région alentour », déclare Rami Abdel Rahman, directeur de l’Observatoire syrien pour les droits de l’Homme, une ONG basée à la Grande-Bretagne.

Des groupes de l’opposition syrienne ont annoncé plus tard la « libération » de la frontière de Qouneitra avec Israël.
Selon un expert israélien des groupes terroristes djihadistes, Al-Nosra est composé de plusieurs milliers de combattants et hormis la rivalité personnelle entre les dirigeants de l’Etat islamique et Al-Nosra, respectivement Abou-Bakr al-Baghdadi et Ayman al-Zawahiri, les deux sont également divisés par leur idéologie.

D’après Yoram Schweitzer, chef du think-tank sur le terrorisme et les conflits de faible intensité INSS, Al-Nosra, composé de combattants pour la plupart de syriens, est « plus pragmatique » et prêt à travailler avec les rebelles laïcs.

Le groupe a également installé des systèmes de charité communautaires, à l’instar du Hamas, et contrairement au Jihad islamique.

Spencer Ho a contribué à cet article.