Le ministre de la Défense Moshe Yaalon indique lundi que les besoins futurs de la Défense d’Israël coûteront plus d’un « milliard » en plus. Il a déclaré que les coupes budgétaires de la Défense au cours de ces dernières années étaient motivées par des facteurs politiques.

« La sécurité coûte de l’argent, et il n’y a pas de guerre bon marché », a déclaré Yaalon dans un discours lors d’une conférence sur la cyber-sécurité à l’Université de Tel Aviv. « Il nous faut une autre batterie Dôme de fer, d’autres systèmes comme le David Sling [fronde de David] et d’un Arrow-3 pour une protection multicouche. Oui, cela coûte des milliards ».

« Imaginez le coût économique que représenterait l’alternative – combien auraient coûté les 4 500 roquettes sans le Dôme de fer » a-t-il poursuivi. Il fait référence aux roquettes et aux obus de mortier lancés sur Israël depuis Gaza pendant le conflit de 50 jours de cet été. Beaucoup de ces roquettes ont été abattues par le système de défense antimissile israélien.

Yaalon a souligné que les capacités de renseignement de l’armée israélienne lui ont permis de mener à bien des frappes ponctuelles contre les ennemis, un facteur crucial qui a permis d’amener le Hamas à la table des négociations, mais « cela coûte des milliards… Imaginez un Etat d’Israël qui ne peut défendre ses frontières. Cela coûte des milliards aussi ».

« Le budget de la Défense a été réduit pour des raisons politiques », a-t-il précisé. Il a noté que lors du débat politique actuel sur le budget de l’Etat lorsque la Défense a été évoquée, « nous n’avons pas parlé de compléments, mais plutôt d’​​une correction de cette distorsion pour couvrir le coût de l’opération Bordure protectrice ».

« Ne pas le faire serait irresponsable », a ajouté Yaalon.

Yair Lapid, le ministre des Finances, a présenté son projet de budget de l’Etat pour 2015 dimanche. Mais ce budget s’est heurté à une forte opposition à cause de ces dispositions permettant d’emprunter plus sans augmenter les dépenses de la défense.

Le budget proposé maintient les impôts à leur niveau actuel et augmente le plafond du déficit à 3,18 % du produit intérieur brut. Il ne précise pas à quelle hauteur l’augmentation demandée par le ministère de la Défense sera ajoutée à son budget.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a fait pression pour que 20 milliards supplémentaires de shekels soient attribués à l’establishment de la Défense – 9 milliards de shekels pour couvrir les coûts de l’opération Bordure protectrice et 11 milliards de shekels pour les dépenses à venir – une mesure à laquelle Lapid est opposé.

Une réunion s’est tenue entre Netanyahu et Lapid, tard dans la nuit, sur le budget. Cette réunion s’est terminée sans donner aucun résultat.

Le Trésor a déclaré dans un communiqué publié dimanche que le plan 2015 « répond aux besoins du ministère de la Défense ainsi qu’aux besoins sociaux et civils », mais a souligné que les fonds de sécurité doivent être ajoutés, « tout en restant dans le cadre de la dépense prescrite ».

Bien que la déclaration suggère que le ministère des Finances pencherait en faveur d’allouer plus de fonds à la Défense, un haut fonctionnaire a déclaré au site Globes Business que Lapid est fermement opposé à l’octroi des 11 milliards de shekels supplémentaires.

Les hauts-gradés de la Défense du pays ont présenté une demande de budget au cabinet de sécurité deux semaines auparavant, au cours de sa réunion hebdomadaire. C’était la première réunion depuis la fin de l’opération Bordure protectrice, qui s’est terminée par une trêve illimitée, le 26 août 2014.

Ils indiquent que si la Défense voulait atteindre les objectifs que le gouvernement leur a imposés, comme assurer la sécurité dans le sud d’Israël, les forces de défense auraient besoin de davantage de fonds.

Plus tôt ce mois-ci, le cabinet a approuvé une proposition qui entend réduire les budgets des autres ministères afin d’aider à couvrir les frais de la récente opération à Gaza.

Le coût immédiat de l’opération est estimé à 9 milliards de shekels (environ 2,5 milliards de dollars). Le cabinet a voté la réduction des budgets de tous les ministères, sauf de la Défense, de 2 % pour recouvrir une partie de l’argent, tandis que Lapid a appelé à des emprunts plus importants au lieu d’augmenter les impôts pour couvrir le reste.