Les massacres de Juifs par le régime nazi ont débuté dès l’invasion de la Pologne en septembre 1939 et ont pris de l’ampleur à l’été 1941 avec l’invasion de l’URSS, riche en communautés juives.

A mesure que s’est précisé le projet global d’extermination des Juifs, les nazis ont mis au point la « Solution finale » à travers l’Aktion Reinhard, lancée à l’automne 1941 et la conférence de Wannsee (20 janvier 1942).

Les premiers massacres de Juifs se traduisent d’abord par la réduction à la famine de nombre d’entre eux enfermés dans des ghettos (notamment Varsovie) et par des fusillades massives dans les territoires enlevés à l’Armée rouge après la rupture du pacte germano-soviétique et l’invasion de l’URSS (22 juin 1941).

Cette « Shoah par balles », perpétrée par les Einsatzgruppen, aboutira à l’assassinat d’un million de personnes, essentiellement des Juifs et des prisonniers de guerre soviétiques.

Mais très vite, Heinrich Himmler, le chef de la SS, éprouve les limites de ces tueries qui altèrent le psychisme de ses troupes et qui, de plus, sont difficilement applicables à l’Europe de l’Ouest.

Il prépare donc avec son adjoint, Reinhard Heydrich (qui sera assassiné à Prague en juin 42 par des résistants), la mise au point de méthodes d’extermination plus discrètes par le gaz, selon une technique déjà expérimentée en Allemagne pour l’élimination des handicapés.

En URSS, les commandos de la mort suivent la progression de la Wehrmacht avec des camions de gazage. En Pologne, ce sont plutôt les victimes qui sont amenées sur les lieux d’extermination. Le camp d’Auschwitz-Birkenau, près de Cracovie, expérimente dès l’été 1941 le Zyklon B sur des détenus soviétiques et des malades.

Un plan de liquidation des 2 millions de Juifs du Gouvernement général (partie du territoire polonais occupée par l’Allemagne mais non directement annexée au Reich) est élaboré dès l’automne 1941. C’est l’Aktion Reinhard qui va aboutir à la construction de trois centres de mises à mort: Belzec, Sobibor et Treblinka.

Une fois ces camps rendus opérationnels, les SS et les forces de police liquident les ghettos et déportent leurs habitants vers ces centres d’extermination.

Belzec fonctionnera de mars à décembre 42, Sobibor de mai 42 à octobre 43 et Treblinka de juillet 42 à août 43.

Le camp de Majdanek fonctionnera aussi à partir de la fin de l’automne 42 quand Belzec sera fermé.

Selon le mémorial de l’Holocauste à Washington, 1,7 million de Juifs ont été tués au minimum lors de l’Aktion Reinhard ainsi qu’un nombre inconnu de Polonais, de Roms et de prisonniers de guerre soviétiques.

 Processus industriel

Fin 1941, alors que le programme d’extermination est bien en route, il importe pour Himmler et Heydrich de clarifier les responsabilités dans ce qui se prépare. Le 29 novembre 41, Heydrich envoie une convocation pour une réunion de planification sur « la Solution finale de la question juive » aux directeurs des grands ministères et aux dirigeants de la SS.

La conférence de Wannsee se tiendra finalement le 20 janvier 42. Heydrich fait valoir que le projet initial d’émigration forcée des Juifs d’Europe ou de déportation à Madagascar a été rendu impossible à cause de la guerre. Il s’agit donc désormais de les « évacuer vers l’Est ». Tous les participants agréent le principe de l’évacuation sous l’autorité exclusive de la SS.

Adolf Eichmann répertorie même le nombre de Juifs à déporter pays par pays, arrivant à un total de 11 millions de personnes.

Après la réunion de Wannsee, le processus industriel d’extermination va de fait s’intensifier.